SUR QUOI ET AVEC QUI NÉGOCIER DANS VOTRE ENTREPRISE

Litige Paypal et société de recouvrement, je veux pas payer, je risque quoi ?

Salut à tous,
J'ai eu une petite mésaventure avec Ebay/Paypal. Ils me réclament 50 euros via une société de recouvrement suite à une vente qui s'est mal passée : anticipant un déménagement, j'ai commencé à écouler pas mal d'affaire sur Ebay. Notamment un lot de 5 objets qui est parti aux enchères pour 50 euros.
Ne voyant pas le paiement arrivé, j'ai contacté l'acheteur pour lui demander de régler. Il m'a annoncé qu'il "prenait le tout pour 35 euros". J'essaye d'être arrangeant et lui propose 5 euros de réduction. Je veux que ça parte, peu importe le prix au fond.
Faut bien comprendre que ce que je proposais pouvait facilement se revendre 2 ou 3 fois plus cher indiviudellement. Manifestement le gars était pas intéressé par ce que je proposais, mais cherchait à acheter le plus bas possible pour revendre cher.
Ses manières de marchand de tapis m'agace rapidement, après son refus des 5 euros de réduction, mes réponses sont laconiques. Il me traite de voleur, me dit que c'est beaucoup trop cher et que c'est pas normal de refuser comme ça.
Je lui explique que de toute façon, je discute pour être poli mais que l'heure de la négociation est passé, on s'est déjà mis "officiellement" d'accord sur le prix, celui de l'enchère. Je lui cite les CGU d'Ebay où l'acheteur s'engage à payer le prix. Ce sera donc 50 euros ou un "litige pour non-paiement" ; ça part en noms d'oiseaux, je lance le litige. Le type est vendeur pro, j'imagine qu'il veut par pourrir son profil, il a 3 jours pour payer après ça ; je reçois plus aucun message mais il paye.
J'envois donc le colis, il le retire et se plaint qu' "il manque 2 des 5 objets, et de toute façons le 5ème ne fonctionne pas". Je joue le jeu, je demande des détails sur ce qui ne fonctionne pas exactement, il dit qu'il veut pas s'embêter, simplement être remboursé. Dans ses réponses on comprend qu'il n'a en réalité même pas de quoi tester ce que je lui ai envoyé. J'me dis "bingo !", Ebay/Paypal va relever et lui demander des explications.
Vu les échanges initiaux, j'avais cherché à couvrir mes arrières : j'ai soigneusement pris en photo chacun de mes produits, des produits dans le colis, du colis scellé, du colis avec le suivi dessus, un suivi du colis. Bref, tout ce que j'ai pouvais. J'ai également vidé mon compte Paypal + résiliation de l'autorisation de prélèvement de celui-ci sur mon compte bancaire.
Je me sens couvert parce que je sais que Ebay/Paypal a une réputation de prendre systématiquement le parti de l'acheteur, mais quand même je leur faisais confiance pour au moins essayer de déceler le vrai du faux ; ici y a des indices : les messages avant l'envoi du colis indiquant que de toute façon il ne paiera pas, les photos prises, les incohérences de l'acheteur qui reconnait ne pas être en état de vérifier le bon fonctionnement de tel appareil etc.
Au final Ebay/Paypal en a rien à foutre ! Ils nous laissent l'acheteur et moi avoir un échange (stérile) de messages pendant quelques jours et ça bascule sur un remboursement automatique. Aucun arbitrage, aucun échange avec intervenant extérieur, impossible de poser ses arguments.
Alors évidemment mon compte vide passe en négatif, je reçois des relances de Paypal d'abord, puis d'une société de recouvrement, par mail et par voie postale (heureusement ils n'ont pas mon numéro de téléphone).

Voilà où j'en suis, c'est un peu long mais j'ai deux questions :
- Y a-t-il quelque chose à faire permettant de se prémunir de ce genre de mésaventure ? Au-delà de "ne pas utliser Paypal".
- Est-ce que je risque quelque chose avec la société de recouvrement ? Je refuse de solder mon compte et de rembourser Paypal, je suis victime d'un fraudeur et de leur coté ils n'ont fourni aucun effort pour faciliter la résolution du problème. Grand bien leur fasse, à eux de supporter le coût de cette inaction.
Merci.
submitted by Alfrip to france [link] [comments]

Un concessionnaire automobile honnête au Québec, ça existe ?

Après avoir visité plusieurs concessionnaires (4 au total) pour l’achat d’une nouvelle voiture d’occasion, voici quelques techniques de ventes que j’ai rencontrées et qui me rendent complètement fou!
  1. Les frais d’administrations : 3 concessionnaires sur 4 m’ont ajouté automatiquement un frais d’administration supplémentaire au prix de vente variant de 200$ à 600$. Cette pratique est totalement illégale en vertu de l’article 224 de LPC! En ce qui concerne le quatrième concessionnaire, il était vraiment content de me dire : « qu’il payait le frais d’administration de 400$ » et « qu’il n’avait pas vraiment de négociation possible sur le prix du véhicule à cause de ça! » c’mon!
  2. Le prix du véhicule : Ne pas montrer le prix total du véhicule et ne montrer que le paiement mensuel associé à l’achat. Lorsqu’on fait le calcul, on se rend rapidement compte que le prix ne correspond pas au prix affiché (près de 5000$ de différence pour l’un des concessionnaires visité)
  3. Vente sous pression : l’achat doit s’effectuer immédiatement, sinon beaucoup de pression pour obtenir un dépôt de 500$.
  4. Véhicule accidenté: Demander si le véhicule est accidenté, se faire répondre non, demander le carproof et comme par magie le véhicule est finalement accidenté, mais t’ser « c’est un p’tit accrochage, ça compte pas vraiment ».
Dû à la répétition de ces techniques de ventes très douteuses et parfois illégales, je me pose une question bien simple : un concessionnaire honnête, ça existe à quelque part au Québec ?
Sources : https://lpc.quebec/articles/article-224/
submitted by kev1159 to Quebec [link] [comments]

MonPetitGazon Ligue 1 édition 2018/2019

La prestigieuse ligue MPG du sub est de retour ! Petit rappel des éléments à connaître pour ceux qui auraient manqué la première saison:

I. MonPetitGazon tutorial:

Pour ceux qui ne connaissent pas MonPetitGazon, c'est un site français, bio et élevé au grand air, sur lequel on peut s'affronter dans une ligue de football comme si on était des entraîneurs. Pour ceux qui connaissent un petit peu, ça se rapproche du fantasy football. Pour ce faire, chaque joueur dans la ligue se voit offrir un budget de 500M (eh oui, tout le monde est sponsorisé par le Qatar) pour recruter son équipe de joueurs dans le championnat de Ligue 1.
Une fois les équipes composées, elles s'affrontent et les performances dans la vraie vie des joueurs vont déterminer celles dans le jeu. Ainsi, si l'OL et Saint Etienne font un match nul 1-1 en vrai mais que vous avez dans votre équipe le buteur de chaque équipe respective, votre équipe MPG aura inscrit deux buts dans le match MPG.

II. Organisation:

Une ligue MPG peut contenir de deux à dix joueurs, et doit avoir un nombre pair de joueurs. Un match a lieu lorsqu'une journée de Ligue 1 dans la vraie vie a lieu. Les ligues sont organisées en essayant de suivre une logique sportive, donc une première de Ligue 1, une deuxième de Ligue 2, ainsi de suite. Une ligue est complète à partir de 8 joueurs. Si on tentait à 10 joueurs, il n'y aurait pas assez de matchs dans la vraie vie pour faire deux saisons dans l'année. Promotions et relégations auront donc lieu, à part pour les heureux/malheureux propriétaires de ligue (une ligue créée ne peut exister sans son créateur dans MPG).

III. FAQ

Est-ce que cela prend beaucoup de temps pour jouer ?
La séquence initiale des transferts peut demander environ une heure en cumulant les tours de négociations (environ trois à prévoir), puis une fois votre équipe constituée il ne suffit que de cinq minutes par journée de championnat pour préparer son équipe.
Comment acheter des joueurs ?
Par un système d'enchères. Durant le mercato, nous placerons des enchères sur des joueurs: celui qui a mis l'enchère la plus haute remporte le joueur. Si deux personnes placent une enchère à la même hauteur sur un joueur, celui qui l'a placé en premier remporte l'enchère.
Sur quoi se base le jeu pour déterminer la note des joueurs lors d'un match ?
Le jeu MonPetitGazon est en partenariat avec Opta pour déterminer la note des joueurs lors d'un match.
Que se passe-t-il si un joueur de mon équipe MPG ne joue pas dans la vraie vie ?
Celui-ci recevra une note automatique de 2.5/10, qui correspond à la note qu'il aurait eu s'il avait joué mais qu'il avait été extrêmement mauvais. Dans MPG, cela s'appelle un rotaldo. Une équipe avec trois rotaldos recevra automatiquement un but contre son camp.
Mais je ne peux savoir quels joueurs seront alignés à chaque fois, comment faire alors ?
Vous pouvez configurer des remplacements dans votre équipe: joueur X remplacera joueur Y si Y a une note inférieur à Z. Le jeu prendra aussi tout joueur désigné comme remplaçant entrant et le mettra à la place d'un rotaldo. Exemple: mon équipe a Neymar en pointe, mais Neymar a été déclaré inapte à la dernière minute. J'avais retenu Briand en tant que remplaçant de Sala dans mon équipe. Le jeu mettra donc par défaut Briand et Sala en composition d'équipe.
Donc en fait il me suffit d'aligner beaucoup d'attaquants pour gagner, non ?
Oui et non. Mettre des milieux de terrains connus pour marquer souvent (Di Maria, Thauvin, Payet sont comptés comme milieux de terrain par exemple), ou utiliser une formation offensive, permettront d'obtenir plus de buts puisqu'ils marqueront dans la vraie vie, ce qui se traduit par des buts pour votre équipe MPG. Cependant le jeu donne un bonus de 0.5 sur la note de chaque défenseur à condition d'en aligner 4.
Mais ça change rien, puisque ce sont les buts dans la vraie vie qui comptent
Le jeu peut décider de "créer" des buts en fonction de la note des joueurs. Par exemple, Fabinho qui a délivré deux passes décisives dans la vraie vie et accompli un match plein, se retrouve avec une note de 8 . En face de lui, les milieux de l'équipe adverse ont obtenu une note passable. Le jeu peut donc créer un but appelé "but MPG", ou encore "but vert" (car ils apparaissent en vert dans le score). Cela permet d'équilibrer le jeu et ne pas simplement récompensé une équipe qui serait composée de finisseurs seulement.

IV. Liste des participants:

Les participants n'ayant pas participé à un trop grand nombre de matchs la saison passés ne sont pas retenus, car cela fausse le championnat. La conséquence est que personne de Ligue 1 n'est relégué, on se contente d’accueillir les deux premiers de Ligue 2 s'ils sont encore présents.
Ligue 1:
  1. yoshi570 (capitaine)
  2. Glorounet
  3. qqsharp
  4. MeEtHz
  5. ProudAfrican
  6. W1rKo
  7. _red_one_
  8. plouky
Ligue 2:
  1. LeJobber aka Joel Muller (capitaine)
  2. JeanneHusse
  3. Maitrekdo
  4. parson6
  5. 1_DVS_BSTD
  6. npe22
  7. YouGuysAreSick
  8. Amiral_Poitou
National:
  1. Hippemann (capitaine)
  2. thesoapy
  3. Doowit
  4. Captp2089
  5. sugima
  6. letaljc
  7. dieze
  8. Misteur
National 2:
  1. Throm555 (capitaine)
  2. chatanw
  3. X0rg0n
  4. Prostberg
  5. LeDardSauvage
  6. Primigeniuss
  7. Kaamelott
  8. Behem
Suppléants:
  1. tasty_peach
  2. ziggurqt
La plupart des places en Ligue 2 seront déjà prises, à condition de confirmation des joueurs. Les nouveaux pourront s'ajouter là où il y a de la place, notamment en National. :)
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Ligue MonPetitGazon du sub

Salut les copains. Histoire d'apprendre à mieux se connaître et de se trouver un prétexte pour s'insulter, je propose de créer une ligue du sub sur MonPetitGazon.

I. MonPetitGazon tutorial:

Pour ceux qui ne connaissent pas MonPetitGazon, c'est un site français, bio et élevé au grand air, sur lequel on peut s'affronter dans une ligue de football comme si on était des entraîneurs. Pour ceux qui connaissent un petit peu, ça se rapproche du fantasy football. Pour ce faire, chaque joueur dans la ligue se voit offrir un budget de 500M (eh oui, tout le monde est sponsorisé par le Qatar) pour recruter son équipe de joueurs dans le championnat de Ligue 1.
Une fois les équipes composées, elles s'affrontent et les performances dans la vraie vie des joueurs vont déterminer celles dans le jeu. Ainsi, si l'OL et Saint Etienne font un match nul 1-1 en vrai mais que vous avez dans votre équipe le buteur de chaque équipe respective, votre équipe MPG aura inscrit deux buts dans le match MPG.

II. Organisation:

Une ligue MPG peut contenir de deux à dix joueurs, et doit avoir un nombre pair de joueurs. Un match a lieu lorsqu'une journée de Ligue 1 dans la vraie vie a lieu. Les dix huit premiers à se manifester pour participer seront ceux retenus pour faire partie de la ligue. Si nous sommes plus de huit joueurs, nous essaierons de créer une deuxième ligue.

III. FAQ

Est-ce que cela prend beaucoup de temps pour jouer ?
La séquence initiale des transferts peut demander environ une heure en cumulant les tours de négociations (environ trois à prévoir), puis une fois votre équipe constituée il ne suffit que de cinq minutes par journée de championnat pour préparer son équipe.
Comment acheter des joueurs ?
Par un système d'enchères. Durant le mercato, nous placerons des enchères sur des joueurs: celui qui a mis l'enchère la plus haute remporte le joueur. Si deux personnes placent une enchère à la même hauteur sur un joueur, celui qui l'a placé en premier remporte l'enchère.
Sur quoi se base le jeu pour déterminer la note des joueurs lors d'un match ?
Le jeu MonPetitGazon est en partenariat avec Opta pour déterminer la note des joueurs lors d'un match.
Que se passe-t-il si un joueur de mon équipe MPG ne joue pas dans la vraie vie ?
Celui-ci recevra une note automatique de 2.5/10, qui correspond à la note qu'il aurait eu s'il avait joué mais qu'il avait été extrêmement mauvais. Dans MPG, cela s'appelle un rotaldo. Une équipe avec trois rotaldos recevra automatiquement un but contre son camp.
Mais je ne peux savoir quels joueurs seront alignés à chaque fois, comment faire alors ?
Vous pouvez configurer des remplacements dans votre équipe: joueur X remplacera joueur Y si Y a une note inférieur à Z. Le jeu prendra aussi tout joueur désigné comme remplaçant entrant et le mettra à la place d'un rotaldo. Exemple: mon équipe a Neymar en pointe, mais Neymar a été déclaré inapte à la dernière minute. J'avais retenu Briand en tant que remplaçant de Sala dans mon équipe. Le jeu mettra donc par défaut Briand et Sala en composition d'équipe.
Donc en fait il me suffit d'aligner beaucoup d'attaquants pour gagner, non ?
Oui et non. Mettre des milieux de terrains connus pour marquer souvent (Di Maria, Thauvin, Payet sont comptés comme milieux de terrain par exemple), ou utiliser une formation offensive, permettront d'obtenir plus de buts puisqu'ils marqueront dans la vraie vie, ce qui se traduit par des buts pour votre équipe MPG. Cependant le jeu donne un bonus de 0.5 sur la note de chaque défenseur à condition d'en aligner 4.
Mais ça change rien, puisque ce sont les buts dans la vraie vie qui comptent
Le jeu peut décider de "créer" des buts en fonction de la note des joueurs. Par exemple, Fabinho qui a délivré deux passes décisives dans la vraie vie et accompli un match plein, se retrouve avec une note de 8 . En face de lui, les milieux de l'équipe adverse ont obtenu une note passable. Le jeu peut donc créer un but appelé "but MPG", ou encore "but vert" (car ils apparaissent en vert dans le score). Cela permet d'équilibrer le jeu et ne pas simplement récompensé une équipe qui serait composée de finisseurs seulement.

IV. Liste des participants:

Ligue 1:
  1. yoshi570 aka José Durinho, entraîneur du Se Quedalle FC
  2. Glorounet aka Glor Ounet, entraîneur du Aman
  3. abedtime aka Juan, entraîneur du hello fc
  4. qqsharp aka Alex DV, entraîneur du Gignac FC
  5. MeEtHz aka Meethz, entraîneur du Meethz FC
  6. ProudAfrican aka Libane, entraîneur du In Genesio We Trust
  7. HippoBigga aka Joan Rafols, entraîneur du FC HippoBigga
  8. W1rKo aka Alexis Bz, entraîneur du Joga Bonito
Ligue 2:
  1. Maitrekdo aka Ranger Trivette
  2. parson6
  3. JeanneHusse aka Mr Husse
  4. _red_one_
  5. LeJobber aka Joel Muller
  6. plouky aka Plouky Roi des cieux
  7. 1_DVS_BSTD
  8. Exells aka Jason C
National:
  1. Prostberg
  2. Primigeniuss
  3. Amiral_Poitou
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Réponses au DMNQ de Gilbert Paquette candidat du Bloc Québécois pour Lasalle-Émard-Verdun

Publication originale avec les questions
Quelle est votre opinion sur les sondages (qu'ils soient favorable ou non) ? Les interdire la semaine (ou une autre période de temps) précédant le scrutin ? Les sondages sont supposé mesurer le vote, mais à quel point l'influencent-ils ce vote ? - jean_emard
Il faut faire attention aux faux sondages. La méthodologie est de plus en plus mauvaise et dans certains cas, de « faux » sondages ont provoqué de grandes vagues. Des stratèges mal intentionnés pourraient lancer de faux sondages pour manipuler l’opinion publique. Ce n’est évidemment pas souhaité.
Pour ce qui est des sondages sérieux, réalisés par des firmes spécialisées, ils nous aident beaucoup, à nous, les candidats et les organisations politiques. Ils nous permettent de voir si notre message passe bien. Ces sondages sont utilisés dans maints domaines à des fins d’analyse et sont essentiels.
C’est ensuite aux citoyens de faire des choix éclairés, en premier lieu en prenant connaissance des positions des partis, des actions, des intentions de ceux-ci, et d’appuyer en connaissance de cause ceux qui ont le plus de chance de défendre leurs intérêts, et non pas de voter « en vague ».
Bonjour, le Québec a la chance d'héberger de nombreux laboratoires informatiques reconnus internationalement. Plus proche de moi, je pense notamment aux laboratoires d'apprentissage automatique (machine learning) de l'Université de Montréal (probablement un des plus célèbre du domaine), de l'Université de Sherbrooke, l'Université Laval, ainsi que de l'Université McGill.
Ces laboratoires contribuent grandement à la recherche fondamentale et appliquée en intelligence artificielle. L'IA est, selon moi, un outil exceptionel, et aussi exceptionnellement dangereux. Pas dans la mesure où l'IA se réveille un bon matin et décide de tuer l'humanité, mais dans la mesure où, au moment même où j'écris ces mots, toutes les grandes multinationales se précipitent (et avec raison!) vers cette nouvelle technologie qui va selon moi sans aucun doute permettre l'automatisation à grande échelle et sur une période de temps beaucoup plus courte que toutes les autres révolutions industrielles et techniques de l'histoire de l'homme.
Ok! Voici ma question. On possède le savoir faire au Québec, pas juste dans nos universités. Je pense que l'IA pourrais permettre à l'humanité de s'épanouir grâce à l'automatisation, mais encore faut-il que cette dernière soit menée par l'État, au bénéfice de touset non des grandes multinationales.
Que pensez vous de ce futur? Que pensez vous du rôle, selon moi vital, de l'État dans ce futur? Si vous pensez que tout cela n'arrivera pas avant bien longtemps, détrompez vous... l'adoption massive du machine learning par les entreprises est déjà bien entamée, et on commence déjà à voir non seulement dans la communauté scientifique mais aussi dans les médias, les premiers pas vers l'automatisation (Amazon, Google car, etc.)
tl;dr; Je le sais car j'en vis, l'IA est à nos porte, l'État devrait-il faire partie de la game? - manux
C’est un domaine que je connais bien. Mon doctorat en France (1991), porte sur les applications de l’intelligence artificielle (IA) en éducation. J’ai réalisé à cette période un cours à distance de la Télé-université d’introduction à l’IA qui est encore diffusé aujourd’hui. Le Centre de recherche de la Télé-université que j’ai créé, le LICEF, porte sur l’informatique cognitive (presque synonyme de l’IA) dont sont issues deux entreprises dérivées sur le sujet. J’ai dirigé plusieurs projets de recherche et des thèses de doctorat dans le domaine.
Oui on possède le savoir-faire au Québec et plusieurs entreprises qui valorisent le savoir universitaire. Oui l’État doit s’investir davantage pour que les travaux de recherche soient utilisés concrètement. Lorsque j’étais ministre de la Science et de la Technologie du Québec, nous avons créé l’Agence québécoise de valorisation de la recherche qui a financé plusieurs projets dans les années 80. D’autres moyens de support à la recherche et à l’innovation ont été mis en place par la suite, mais il faut faire plus. Pour ce faire, il faudrait administrer nous-mêmes au Québec les programmes canadiens, car dans plusieurs domaines, les investissements se font surtout en Ontario.
Que pensez-vous de la nouvelle génération de séparatistes/nationalistes? Est-se que cette jeunesse porte le même message nationaliste selon vous, sinon, en quoi elle se différencie? - Bestialman
Les orientations de base, que le Québec contrôle lui même ses moyens collectifs, n’ont pas changé, mais la société a évolué. La protection de l’environnement, la nouvelle économie du savoir, la nécessité de civiliser la mondialisation et notre participation à la vie internationale rendent encore plus urgente l’indépendance. Par ailleurs, la nouvelle génération d’indépendantiste est souvent plus déterminée que l’ancienne (moi excepté ☺) et c’est tant mieux.
Que pensez-vous du Net neutrality? Qu'est-se que le gouvernement devrais faire pour protéger le web selon vous? - Bestialman
Le Bloc Québécois a toujours été « d’avant-garde » pour protéger la neutralité d’internet. Que ce soit par diverses interventions en chambre et lors d’audiences du CRTC lorsque Bell Canada, par exemple, voulait retirer l’internet illimité chez les compagnies indépendantes et lorsqu’ils faisaient du « traffic shaping », nous avons toujours eu une position solide et précise là-dessus : la neutralité d’internet a sa raison d’être tant maintenant que dans le futur pour assurer le bon développement des technologies de l’information. Si nous n’assurons pas un internet neutre au Québec, c’est un pan entier de notre économie qui pourrait se développer à l’étranger, ce que nous ne voulons pas, évidemment!
Qui dit « neutralité d’internet » ne dit pas par contre de ne rien réglementer. Pour « protéger le web », le Bloc Québécois est pour une compétition accrue dans les fournisseurs d’accès internet tant filaires que sans-fil et totalement pour une disponibilité accrue, surtout en milieu rural. Pour ce faire, il nous est forcé d’admettre que les initiatives du gouvernement précédent en la matière ont lamentablement échouées : peu de disponibilité d’internet haute-vitesse en région malgré des investissements du fédéral qui se sont ramassés dans les mains de géants des télécommunications comme Bell et Rogers. Je trouve personnellement anormal qu’on puisse avoir de l’internet « gigabit » dans la couronne de Montréal alors qu’à environ 45 minutes de route de ces endroits, en milieu rural, on ait accès seulement à des connexions cellulaires 3g avec des limites de bande passantes si basses qu’elles rendent prohibitif une utilisation normale digne d’une connexion internet en 2015!
Vous avez été ministre de la Science et Technologie sous Lévesque. Quels étaient les gros enjeux scientifiques et technologique auquel le Québec était confronté à l'époque? Qu'avons-nous fait pour les régler? Est-ce encore des choses d'actualité? - redalastor
Nous avons augmenté le soutien aux centres de recherche universitaires, créé des centres de recherches dans des domaines d’avenir comme les technologies d’information et la biotechnologie, financé l’emploi de scientifiques et de techniciens dans les PME, implanté massivement des ordinateurs dans les écoles, créé une agence de valorisation industrielle de la recherche, organisé la concertation scientifique et technologique dans les régions ou avec les principaux ministères.
Tout cela est encore d’actualité, mais le gouvernement du Québec n’a plus beaucoup de marge de manœuvre et le gouvernement canadien met beaucoup plus de ressources en Ontario qu’au Québec. Je dirais que le principal problème maintenant, outre le financement, est la pénurie de scientifiques et de techniciens dans les domaines de pointe, particulièrement en informatique. Il faut former plus de scientifiques.
Croyez-vous qu'une démocratie participative par Internet dans un avenir rapproché est possible et souhaitable? - zenzizi
Oui tout à fait. Tout ce qui rapproche le pouvoir du citoyen est une bonne chose. Tant que les méthodes sont sécuritaires et fiables, optimiser les outils et se mettre au gout du jour ne sont que des comportements sains pour la démocratie. Un mouvement important est celui des données ouvertes que les gouvernements et plusieurs organismes ont entrepris. Ce mouvement contribuera à rendre ces organisations plus transparentes, ce qui contribuera à une meilleure démocratie.
Le niqab est rejeté par 80% de la population (peut-être plus au Québec). Est-ce que ça vous étonne que le PLC et le NPD disent que c'est un "enjeu marginal" dont on ne devrait pas discuter, étant donné cette quasi unanimité de la population ? - jean_emard
Le PLC et le NPD prétendent que ce sont des enjeux marginaux parce que, vous l’avez souligné, cette question interpelle grandement les Québécois (et les Canadiens) et leur position ne reflète pas celle des Québécois. Mais ce n’est en rien une raison d’occulter le débat.
Le Québec, comme l’ensemble de l’Occident, a à tenir des débats de société pour faire face à l’avènement de nouvelles tangentes, de nouvelles formes de menaces, ou de règles de vivre-ensemble. C’est tout à fait normal qu’avec les années, les sociétés doivent aborder des sujets auxquels l’État ne s’était pas encore attardé.
Chercher à éviter les débats comme le font le NPD et le PLC n’est pas signe d’un parti très démocrate ni très ouvert à entendre les nouvelles perspectives sociétales.
Question de Calgary: je sais que le BQ est à la fois contre Énergie Est et contre les violations des droits humains en l'Arabie Saoudite.
Maintenant le Nouveau-Brunswick importe 22% de son pétrole de l'Arabie Saoudite pour le raffinage du pétrole, et avec un tel pipeline on n'aura plus besoin de donner cet argent à l'Arabie Saoudite. Donc en disant oui à ce pipeline le Québec arrêterait le vente de ce pétrole. Le chiffre 22% se trouve ici:
http://ipolitics.ca/2014/10/29/environmental-groups-question-pipeline-figures-in-statistics-canada-report/
Si le BQ prendrait partie dans une coalition à 2016 ou quelque chose qui lui donne un rôle dans les décisions du gouvernement, que ferait-il de cette problème? Interdiction des importations de l'Arabie Saoudite en donnant de l'argent à Nouveau-Brunswick pour ses pertes d'argent, ou simplement laisser les choses sans changement, donc en continuant à donner de l'argent à l'Arabie Saoudite pour son pétrole? Ou autre chose? Merci! - Dhghomon
Il faudrait que le Canada cesse ses relations commerciales avec l’Arabie Saoudite comme il l’a fait avec d’autres pays.
Comment penseriez-vous avoir l'appui des Anglophones et des allophones pour l'indépendance? - Canlox
Quand on prend le temps de s’asseoir avec la communauté anglophone et les communautés allophones du Québec, et que nous leur exposons notre projet d’indépendance politique et économique, nous trouvons presque chaque fois, des intérêts communs. Beaucoup de peuples ont connu les luttes pour l’indépendance de leur peuple, pour la défense de leurs droits et de leurs intérêts, c’est une marche bien connue de l’Homme, au-delà du Québec.
Comme plusieurs l’ont fait avant moi, je réitère l’importance du dialogue et je travaille fort à rétablir les ponts avec ces communautés qui sont avec nous dans cette marche.
Avez-vous une petite anecdote sur René Lévesque? - Canlox
J’étais au Conseil des ministres lorsque la première loi contre la fumée dans les restaurants est arrivée pour approbation. René Lévesque a fait un petit geste d’excuse et il a dit « vous m’excuserez, mais je suis en conflit d’intérêt » et il est sorti. (Probablement pour aller en griller une !)
Quelque chose vous a marqué quand vous étiez un ministre sous le gouvernement de Lévesque? - Canlox
L’absolue honnêteté de Lévesque quant au financement des partis politiques et aussi à l’égard de ce en quoi il croyait. Quand il a lancé le PQ dans la voie autonomiste du beau risque (ce pour quoi j’ai démissionné du Conseil des ministres), il l’a fait encore par honnêteté. Il ne croyait plus l’indépendance possible dans un avenir rapproché. Il nous reste à lui donner tort.
Que pensez-vous des accords de commerce internationaux qui sont négociés derrière des portes fermées, comme le Trans-Pacific Partnership Trade Agreement? - cloakedbolter
Cela prend une part de négociations à « portes fermées » tout comme dans la discussion des conventions collectives, sans quoi il serait impossible d’arriver à un accord. Toutefois, il faut plus de transparence et, à un moment donné, un débat public. C’est le rôle des gouvernements de faire ces débats, ce à quoi le gouvernement Harper est allergique, même à l’égard du parlement que les gens ont élu.
Quelle est l'approche que vous mettriez en valeur au niveau du financement de la recherche scientifique fondamentale?
Est-ce que vous pensez que l'instrumentalisation de la recherche à des fins économiques (labos de recherches servant de R&D pour les grosses entreprises) est réellement la meilleure voie à emprunter pour favoriser le développement de découvertes de pointes?
Comment feriez-vous pour valoriser la recherche fondamentale chez les tranches de population qui croient que "ça sert à rien ça (j'ai un beau skidoo) lol".
Est-ce que vous croyez que l'indépendance du Québec nous permettrait de plus nous démarquer au niveau de la recherche, même si nous n'aurions pu de sources de financement provenant du CRSNG?
Je sais pas trop si mes propos ont un sens, sinon, est-ce que vous aimez mieux les crêpes minces ou les crêpes épaisses? - Isagoge
Bien sûr que l’indépendance serait bénéfique pour la recherche, une recherche selon nos valeurs et nos priorités. L’indépendance implique que nous rapatrions tous nos impôts, on pourra donc regrouper notre partie des fonds fédéraux avec ceux du Québec et nous assurer que tous nos fonds seront dépensés au Québec.
Préféreriez-vous vous battre contre un canard de la grosseur d'un cheval ou contre cent chevaux de la grosseur d'un canard? - NetflixChillll
Un canard de la grosseur d’un cheval : sans hésiter. Il n’y a rien de mieux que de se concentrer sur un seul objectif pour atteindre son but.
Que pensez-vous de l'importance que prend l'enjeu du niqab dans la campagne électorale? Comme vous le savez sans doute, cet enjeu est apparu dans la campagne peu après l'arrivée du stratège Lynton Crosby, qui est reconnu pour faire élire des gouvernements de droite à l'aide de "stratégies visant à rallier les électeurs craintifs face à l'immigration et à la criminalité". Êtes-vous à l'aise avec le fait de partager la position des Conservateurs sur cet enjeu? - pierluc
Les conservateurs viennent de découvrir cette question du Niqab. Notre position en est une de principe prise bien avant les élections. Avec les virages de Tom (ou Thomas) Mulcair sur le déficit zéro et le pétrole « ni oui ni non », nous devenons le seul parti de centre gauche dans cette élection avec des objectifs clairs de réduction des écarts de richesse dans la société.
Page de candidature du Bloc Québécois
Carnet politique de Gilbert Paquette sur l'indépendance du Québec
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Règles maison

Règles du monde vivant

On différencie les joueurs des personnages.
Dans le monde vivant, on considère que les personnages ont une vie à part entière. Aussi, les missions proposées sur ShadowrunMiami sont à destination de tous les personnages participant à la campagne. Tous les joueurs peuvent participer à toutes les missions si les joueurs le souhaite. Pour des raisons de discipline (et d'hygiène mentale pour votre dévoué serviteur), le nombre minimal de joueurs simultanés est 2, et le nombre maximal est 5. Certaines missions peuvent modifier ces chiffres (mais jamais plus bas que le minimum ni plus haut que le maximum, sauf cas exceptionnels). Dans le cas où un run demanderai 3 runners, et que 4 joueurs sont disponibles, les 3 premiers joueurs à répondre à la proposition de mission avec un commentaire et une fiche de personnage valide seront pris (date du commentaire faisant foi).
Si quelqu'un souhaite faire maître du jeu lors d'une partie (ou plusieurs), vous pouvez tout à fait organiser un run type chasseurs de primes. Il faut juste me prévenir avant que je vous explique comment faire pour organiser un run sur Reddit (u/_Nauth).
Nombre de personnages
Chaque joueur peut contrôler au plus 2 runners. Les règles de création des personnages s'appliquent normalement. Aucun échange d'équipement ou de nuyens ne peut s'effectuer entre les runners d'un joueur (ni par l'intermédiaire d'un autre joueur). Les personnages doivent payer leur style de vie indépendamment. Un personnage ne peut pas être un contact. Un joueur ne peut jouer qu'un seul runner à la fois. Ceci permet aux joueurs d'avoir la possibilité d'essayer un nouveau type de personnage sans avoir à perdre le premier.
Retraite d'un personnage
Si un joueur décide de se séparer d'un personnage (car il n'a plus envie de le jouer par exemple), il peut décider de l'envoyer à la retraite. Le personnage ne disparaît pas du monde vivant, mais ne peut plus être controllé en tant que personnage joueur. Un joueur peut récupérer la moitié des nuyens que possède un personnage allant en retraite pour le transférer vers un autre personnage créé si et seulement si le personnage allant en retraite a effectué au moins 3 runs.
Mérite
Pour récompenser les joueurs les plus actifs dans le monde vivant de Shadowrun Miami, des points de mérite (PM) peuvent être obtenus et dépenser. Il est possible d'obtenir des points de mérite de la façon suivante:
1 PM : Contribution au monde vivant en écrivant des scénettes présentant des personnages de l'univers (pouvant éventuellement servir de PNJ ou de contact dans le monde vivant).
1 PM : Bonne interprétation RP de son personnage.
2 PM : Participer à l'organisation du monde vivant (me contacter pour savoir quoi faire)
2 PM : Coopter un nouveau joueur et le faire participer à un run.
+2 PM s'il créé un personnage lui-même et reste dans la campagne.
4 PM : Écrire et organiser une Prime à deux joueurs.
+1 PM pour chaque joueur supplémentaire +1 PM pour chaque joueur qui n'a pas joué depuis un mois ou plus
Chaque PM peut s'échanger contre 1 point de karma ou 2'500 nuyens à distribuer parmi les personnages du joueurs ayant obtenus les PM (les personnages doivent avoir effectué au moins un run).
Note: le karma et les nuyens gagnés par cette méthode ne comptent pas pour le JackPoint KillScore.

Règles maison

Général
Disponibilité et achat d'équipement en campagne
Pour acheter de l'équipement en campagne, il faut remplir plusieurs conditions:
Pour faire le jet de disponibilité, il faut faire un test étendu de Charisme+Négociation(Disponibilité)[1 jour]. Ce test n'utilise pas la limite sociale. Chaque personnage peut faire un test par jour entre chaque run. On considèrera toujours (sauf exceptions) qu'il s'écoule 14 jours entre chaque run.
Exemple: John Doe, runner de son état, souhaite s'acheter un fusil d'assaut AK-97 flambeau neuf. La disponibilité du fusil est de 4R, et John a 4 en charisme et 4 en négociation, ce qui lui ferait lancer 8 dés pour espérer avoir 4 succès. Comme John a un contact chez Spencer Firearms Inc. avec une influence de 2 et une loyauté de 1, il peut ajouter 2 dés à sa réserve, ce qui lui fait maintenant 10 dés à lancer. Les résultats de ses lancers sont les suivants:
Jour 1: 3 succès [Raté]
Jour 2: 2 succès [Raté]
Jour 3: 5 succès [Réussite]
Au bout du 3ème jour, le contact de John a trouvé un AK-97 et a réussi à retirer son numéro de série, ce qui permet à John de l'acheter sans problèmes. Comme son contact a une loyauté de 1, ce qui signifie qu'il ne peut lui rendre qu'un service au coup, John devra offrir ses faveurs à son contact pour que ce dernier daigne lui rendre service à nouveau. Il reste maintenant 11 jours (donc 11 tests) si John souhaite acheter de nouveaux objets.
Lorsqu'un joueur souhaite acheter du matériel pour son personnage, il devra donner à son MJ une liste de course rangée par ordre de priorité d'achat. J'effectuerai les jets de disponibilité.
Note: les équipements ayant une disponibilité nulle ne nécessite pas de tests et peuvent être achetés sans avoir besoin de faire de jet de disponibilité.
Style de vie
La règle concernant les styles de vie change dans la campagne Shadowrun Miami afin de simplifier la règle.
Désormais, chaque style de vie aura une statistique de Confort qui permettra de réduire la Fatigue accumulée dans les 14 jours inter-runs. Cette durée inter-run permet de fixer la chose suivante: un personnage doit payer un nouveau mois de son style de vie chaque fois qu'il effectue 2 runs. Ceci permet d'éviter que les joueurs ne jouant pas beaucoup soient pénalisés. Un personnage peut changer de style de vie à tout moment, mais il perdra tout loyers payés d'avance s'il lui en restait (sinon quoi, tu vas appeler les flics?). Un personnage n'ayant pas de quoi payer son style de vie sera automatiquement mis à la rue, à moins qu'il ne se paie un autre style de vie.
D'un point de vue RôlePlay, la Fatigue représente tous les désagréments qu'un personnage subit dans la vie de tous les jours; maladie, manque de chauffage ou d'eau chaude, la faim, un accident de la vie, une altercation avec des voisins désagréables...
La Fatigue est représentée par des points de dommages étourdissants auxquels un personnage devra résister au début de chaque run avec le nombre de dés de Confort de son style de vie. Les points de dommages étourissants causés par la Fatigue ne peuvent pas être soignés au cours du run. Ce qui veut dire que si votre personnage reçoit 3 dommages étoudissant et qu'il subit un malus de -1 à cause de son moniteur de dégât, il conservera ce malus durant toute la durée du run. Les dégâts causés par la Fatigue sont récupérés à la fin de chaque run (au contraire des points de vie physiques, qui eux ont toujours besoin d'être soignés car les persnnages ne regagneront que 4 points de vie entre chaque run).
Certains défauts, comme Immunodéficience ou Allergies augmentent les dégâts causés par la Fatigue.
Les statistiques de Confort et de Fatigue de chaque type de style de vie est donné ci-après:
Style de vie Confort Fatigue
À la rue 1 6
Squatter 2 4
Bas 4 2
Moyen 6 0
Haut1 8 0
Luxueux1 2 10 0
1 Un personange ayant un style de vie Haut ou Luxueux bénéficie d'un accès très haut débit à une grille de la Matrice et obtient 2 dés supplémentaires lorsque ce personnage effectue une action de recherche ou de perception matricielle.
2 Un personnage ayant un style de vie Luxueux ne subit plus les effets des allergies et de l'immunodéficience.
La table de modificateur de Fatigue pour les allergies est donnée ci-après:
Allergie Modificateur
Commune (modérée) +1
Commune (grave) +2
Commune (extrême) +3
Commune (nourriture, modérée) +2
Commune (nourriture, grave) +4
Commune (nourriture, extrême) +6
Rare (sévère) +1
Rare (extrême) +2
Rare (nourriture, sévère) +2
Rare (nourriture, extrême) +4
Note: Les allergies (commune et rare) légères sont interdites. L'association allergie rare et modérée aussi.
Le trait immunodéficience ajoute 1 au score de Fatigue, sauf si le personnage possède un style de vie Luxueux.
Exemple:
John le Decker vit a un style de vie moyen et vit dans un appartement cossu. Il possède tout le confort nécessaire à une vie paisible. Au début de chaque run, John devrai donc lancer 6 dés pour résister à 0 dégâts étourdissants, mais comme il a une allergie grave au soja, qui constitue la base de beaucoup de plats préparés, il doit résister à 4 dégâts étourdissants.
John réussit à obtenir 3 succès, et subit 1 point de dégât étourdissant qu'il ne pourra pas soigner lors de ce run.
Maxime le Rigger est un véritable punk à chien et ne vit que pour écraser des flics en faction avec un camion. Son choix de vie l'a poussé à vivre dans la rue. Au début de chaque run, Maxime subira 6 dégâts étourdissant non soignable, son style de vie ne lui permettant pas de résister.
Puisque toutes les actions d'un personnage subissent un modificateur de -1 pour chaque tranche complète de 3 dégâts reçus, Maxime subira -2 à chaque action pour toute la durée du run. Voilà qui devrait lui poser problème pour assouvir sa soif de sang.
Propositions de règles sur https://annuel.framapad.org/p/shadowrunmiami
submitted by _Nauth to ShadowrunMiami [link] [comments]

Liste des différents comptes épargnes accessibles en France

Je ne suis pas banquier, et j'ai une vue assez limité des différents comptes Epargne, mais en travaillant ensemble, on devrait pouvoir avoir un panorama assez précis des différents comptes d'épargnes existants en France.
Voici ceux auxquels je pense, avec ce que j'en sais. Je vous invite à ajouter ceux que vous connaissez dans les commentaires, je mettrais le fil à jour au fur et à mesure. Aussi, n'hésitez pas à donner des informations complémentaires sur ceux déjà listés, si vous voyez une erreur ou autre :)
Livret A (1%)
Le compte épargne "par défaut", financé par l'état, et donc le taux est aussi fixé par l'état. De moins en mois intéressant, mais une bonne idée si vous voulez mettre de l'argent de côté "au cas où".
Plan Epargne Logement (2%)
Un compte épargne à moyen / long terme. Un apport de 225€ est nécessaire pour l'ouvrir. Vous épargnez automatiquement et obligatoirement 50€ minimum tous les mois sur ce compte (plus, au choix). Utile lors de la négociation d'un prêt pour une maison (démontre d'une capacité d'épargne, donc de remboursement). Durée minimale : 4 ans (sinon le compte est cloturé). Durée maximale : 10 ans.
Compte Epargne Logement (0.75%)
Versement initial : 300€. Montant des versements libres, mais ne peut pas être inférieur à 75€. La date d'ouverte du CEL est importante (mais je ne sais plus pourquoi HUM). Vous pouvez retirez des fonds quand vous voulez, à condition d'y laisser au minimum 300€ (sinon le compte est cloturé). Idem PEL, utile lors de la négociation d'un prêt.
Livret Jeune (1% minimum, fixé par la banque)
Réservé aux jeunes de 12 à 25 ans résidant en France. Chaque opération doit être minimum de 10€, et un compte ne peut jamais être débiteur.
Je vois aussi qu'il existe le LDD, le LEP, le Perp et le CAT, mais je n'ai aucune visibilité là-dessus, donc je ne me prononcerais pas...
Je sais aussi que certaines banques (la Caisse d'Epargne, entre autre), propose à ses clients d'acheter des "parts" (200€ min chez la CE) qui permet au client d'avoir un accès privilégié aux services de la banque en plus d'une rémunération basé sur les résultats de la banque (mais ça tourne aux alentours de 2%). A voir, pas forcément sûr que ce soit le plus intéressant niveau revenu.
A vous !
submitted by Ermgotthis to vosfinances [link] [comments]

Elections 2012 : aucun choix pour les travailleurs - Pour un parti ouvrier révolutionnaire multiethnique ! (Mars 2012)

https://archive.is/4i7xd
Le Bolchévik nº 199 Mars 2012
21 février – Le président de la République française est le chef de l’exécutif, c’est-à-dire le dirigeant exécutif de l’Etat capitaliste, responsable en chef pour défendre les intérêts des capitalistes dans leur ensemble. Doté de pouvoirs exorbitants selon la Constitution issue du coup d’Etat gaulliste de 1958, le « chef de l’Etat » peut à volonté décréter la loi martiale, dissoudre le parlement, etc. Il est officiellement chef des armées, celles qui ont tué directement ou indirectement, rien que l’année dernière, peut-être des milliers de personnes en Côte d’Ivoire, en Libye, en Afghanistan et ailleurs. L’Etat est le comité exécutif de la classe dirigeante ; en son cœur il consiste en des bandes d’hommes armés (flics, armée, prisons, tribunaux) chargés de maintenir, grâce à leur monopole de la violence, le système de production basé sur l’esclavage salarié.
Comme le montre toute l’expérience chèrement acquise par le prolétariat international depuis les révolutions de 1848, la classe ouvrière, qui produit les richesses et surtout les profits qu’empochent les capitalistes, ne peut pas simplement mettre la main sur l’Etat capitaliste et l’utiliser pour son propre compte. Elle devra pour s’affranchir, et affranchir du même coup l’ensemble des opprimés, détruire l’Etat capitaliste et le remplacer par sa propre machine de répression des capitalistes récalcitrants : la dictature du prolétariat. Karl Marx avait tiré avec force cette leçon de la Commune de Paris, et Lénine l’avait confirmée avec la victoire de la Révolution russe d’octobre 1917. Nous luttons pour construire un parti ouvrier révolutionnaire du type de celui des bolchéviks de Lénine, indispensable à la victoire de la révolution.
Le prolétariat fait directement tourner les moyens de production : usines, mines, moyens de transport, etc. Aussi, lui seul a la puissance sociale, et l’intérêt objectif, pour prendre la tête de tous les opprimés et balayer le système capitaliste, ici et dans le monde entier. La révolution socialiste jettera les bases d’une économie planifiée rationnellement pour satisfaire les besoins et non pour fournir des profits. Un développement énorme des forces productives permettra d’avancer vers l’élimination de la pauvreté et de la pénurie et vers la création d’une société socialiste égalitaire.
Il découle de notre position révolutionnaire que nous marxistes refusons par principe d’occuper des postes exécutifs de l’Etat, car cela reviendrait à prendre la responsabilité pour mettre en œuvre l’appareil de répression capitaliste. Nous le refusons à tous les niveaux : depuis celui du président de la République en passant par les membres du gouvernement capitaliste, les préfets et jusqu’aux maires de villages, qui représentent l’Etat capitaliste au niveau des municipalités et disposent pour cela d’une série de pouvoirs, y compris des pouvoirs de police. Et il en découle aussi que nous refusons par principe de présenter des candidats à l’élection de tels postes. En effet, s’y présenter implique, qu’on le veuille ou non, que l’on est prêt à accepter de telles responsabilités, quels que soient les démentis que l’on puisse faire par avance. Cela ne peut que conférer une légitimité aux conceptions réformistes les plus répandues sur l’Etat, en donnant à penser que l’élection d’un « révolutionnaire » à la tête de l’Etat pourrait faire avancer les intérêts des travailleurs, voire nous faire l’économie d’une révolution (voir notre article « A bas les postes exécutifs de l’Etat capitaliste ! Principes marxistes et tactiques électorales », paru dans Spartacist édition française n° 39, été 2009).
Pour l’indépendance de classe du prolétariat ! A bas le front populaire !
Les marxistes peuvent toutefois envisager de donner un soutien critique à une autre organisation, même dans des élections présidentielles, du moment que cela peut faire avancer d’une manière ou d’une autre la conscience de classe du prolétariat. Mais dans les élections présentes, il n’y a personne à qui les marxistes puissent ne serait-ce qu’envisager de donner un soutien critique, car tous les candidats se réclamant peu ou prou du mouvement ouvrier sont dans le meilleur des cas une caution de gauche au candidat du PS et contribuent ainsi à alimenter des illusions dans le « changement » qu’il apporterait.
Tout ce que celui-ci, François Hollande, a promis, c’est de faire du sarkozysme « normal », sans bling-bling. En ouverture de sa campagne électorale, il s’est prononcé contre la tactique de l’« essuie-glace » (débat sur France 2, 26 janvier), c’est-à-dire qu’il n’effacera pas les attaques qu’a subies la classe ouvrière en dix ans de pouvoir de la droite. Hollande s’est engagé à priver de leurs droits à la retraite à taux plein tous ceux qui n’ont pas effectivement travaillé au moins 41 ans. Toute une partie de la bourgeoisie est excédée par Sarkozy – non pas tant par sa vulgarité tape-à-l’œil de nouveau riche que par le fait qu’il n’a pas rempli ses promesses de casser le mouvement ouvrier et spectaculairement gonfler le taux de profit des capitalistes. L’impérialisme français continuant de perdre du terrain par rapport à son rival allemand, il est impératif pour lui que son prochain commandant en chef mette en œuvre des attaques encore plus radicales contre la classe ouvrière et les opprimés. Hollande aurait l’avantage pour les capitalistes de bénéficier du soutien des bureaucrates syndicaux, qu’il a promis de « consulter » et de flatter en tant que « partenaires sociaux » pour diriger l’impérialisme français. Aucun vote pour François Hollande !
Hollande a aussi promis une lutte « implacable » contre les sans-papiers. Il a promis une « solution » pour les Roms en les mettant dans des « camps » pour « éviter que nous connaissions cette circulation encore et encore » (le Monde, 18 février). Une « solution finale » ? Il a promis d’embaucher plus de flics, attaquant de la droite Sarkozy sur un bilan « sécuritaire » insuffisant. Il a promis d’embaucher 60 000 personnes dans l’éducation – en les prenant sur d’autres postes dans la fonction publique et en pérennisant ainsi le tiers des 90 000 suppressions d’emplois pratiquées dans l’éducation par la droite ces dernières années.
S’il a promis de retirer les troupes françaises d’Afghanistan – que le gouvernement Jospin-Mélenchon avait envoyées il y a dix ans, avec Hollande comme chef du PS ! – c’est du point de vue des intérêts bien compris de l’impérialisme français : les pertes militaires subies ne justifient plus l’« avantage » de pouvoir entraîner les troupes à tuer de vraies personnes et de pouvoir négocier des contreparties avec les USA pour ses propres capitalistes. D’ailleurs Hollande a personnellement exprimé son soutien aux interventions militaires sanglantes de l’impérialisme français, organisées par Sarkozy, en Côte d’Ivoire et en Libye. Troupes françaises, hors d’Afghanistan, hors d’Afrique, hors du Liban, hors des Balkans, hors de la péninsule arabique !
François Hollande se présente de plus comme le candidat commun du PS et du Parti radical de gauche, un parti bourgeois. Ce genre de coalition est un « front populaire », un bloc entre partis ouvriers-bourgeois (des partis comme le PS ou le PCF ayant des liens avec le mouvement ouvrier et se réclamant d’une façon ou d’une autre de celui-ci, bien que leur direction et leur programme soient complètement bourgeois) et partis de la classe dominante, où ce sont inévitablement ces derniers qui donnent le caractère de classe de l’alliance, servant de garantie à la bourgeoisie que la coalition servira loyalement les capitalistes.
Les partis bourgeois servent aussi d’alibi aux réformistes pour leur propre programme bourgeois ; ainsi, le PCF prétendait encore en 1936 qu’il était pour des soviets (dans un avenir indéfini), mais concrètement il prônait un programme ultra modéré afin de préserver à tout prix l’alliance avec les « radicaux-socialistes » d’Edouard Herriot, le parti capitaliste par excellence de la Troisième République. Aujourd’hui le PS ne cache pas son programme bourgeois derrière les Radicaux, mais ceux-ci, ainsi que le parti bourgeois soi-disant « progressiste » des Verts avec qui le PS a déjà passé des accords électoraux pour les législatives, peuvent lui servir d’assurance en cas de soulèvement ouvrier, comme en Juin 36. Depuis cent ans, les partis ouvriers réformistes en France n’ont jamais gouverné sans faire un bloc de ce type avec des partis bourgeois.
En enchaînant les travailleurs à leur ennemi de classe, les alliances de front populaire pavent toujours la voie à la défaite, et c’est pourquoi c’est une question de principe pour les marxistes de s’y opposer. Le Front populaire de Juin 36 avait fini avec Pétain, celui d’Espagne la même année avec la dictature franquiste pendant près de quarante ans, celui du Chili avec le coup d’Etat de Pinochet en 1973. Dans le cycle ouvert par Mitterrand en 1981, le front populaire s’est chaque fois terminé par un retour en force de la réaction cinq ans plus tard, avec l’enracinement des fascistes du Front national.
Nous refusons également de donner le moindre soutien aux candidats de la « gauche de la gauche ». Les sociaux-démocrates du Parti communiste (PC) et du Parti de gauche (PG) se sont unis derrière Jean-Luc Mélenchon, ancien cadre de longue date du Parti socialiste qui avait occupé y compris un strapontin ministériel dans les dernières années du gouvernement Jospin, celui qui s’était vanté d’avoir effectué plus de privatisations que tous les gouvernements de droite précédents. Le PC et le PG se sont engagés avec force et inconditionnellement à « battre la droite » au deuxième tour, c’est-à-dire en clair à voter Hollande. Ils servent ainsi de simples rabatteurs de voix pour le front populaire.
C’est également le rôle du NPA d’Olivier Besancenot et Philippe Poutou ; d’ailleurs une bonne partie du NPA est en train de passer avec armes et bagages chez Mélenchon pour soutenir d’encore plus près le front populaire (et se rapprocher des sinécures que promet une victoire de la « gauche » aux élections). Quant à la candidate de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, elle refuse pour le moment de s’opposer au vote Hollande – ces opportunistes avaient appelé au soir du premier tour des élections de 2007 à voter pour Ségolène Royal. Nous appelons les travailleurs à ne pas voter aux élections présidentielles, ni au premier ni au deuxième tour.
Ni, de même, aux législatives qui suivront. Lénine décrivait ainsi le parlementarisme :
« Décider périodiquement, pour un certain nombre d’années, quel membre de la classe dirigeante foulera aux pieds, écrasera le peuple au Parlement, telle est l’essence véritable du parlementarisme bourgeois, non seulement dans les monarchies constitutionnelles parlementaires, mais encore dans les républiques les plus démocratiques. »
– l’Etat et la révolution (1917)
Toutefois, à la différence des présidentielles, les marxistes peuvent envisager de se présenter aux législatives pour utiliser la campagne électorale et, s’ils sont élus, la tribune du parlement pour faire de la propagande en tant qu’oppositionnels, c’est-à-dire opposés à l’exécutif capitaliste quels qu’en soient les détenteurs. Il s’agit de faire de la propagande révolutionnaire, agissant comme des tribuns de la classe ouvrière et des opprimés.
A bas l’Union européenne capitaliste ! Pour les Etats-Unis socialistes d’Europe !
On peut voir très clairement sur l’Union européenne combien le programme du PS est chauvin et anti-ouvrier. L’Union européenne est une formation entièrement réactionnaire, un consortium d’Etats impérialistes et d’Etats plus faibles, dirigé par l’Allemagne. L’objectif initial de ses prédécesseurs, la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier, l’Europe des Six, etc., était de renforcer la cohésion économique de l’Europe occidentale, essentiellement la France et l’Allemagne, pour garantir la solidité de l’OTAN, le bloc militaire capitaliste contre l’Union soviétique. Le PS de Mitterrand-Mélenchon n’a pas peu contribué dans les années 1980 à la victoire de la contre-révolution capitaliste en Europe de l’Est, alors que nous, trotskystes, étions pour la défense militaire inconditionnelle de l’URSS. Pendant que la gauche en général, du PS à Lutte ouvrière, se réjouissait de la perspective d’une réunification capitaliste de l’Allemagne, nous avions lutté en 1989-1990 contre l’absorption de l’Etat ouvrier déformé est-allemand par l’Allemagne de l’Ouest capitaliste et pour une réunification révolutionnaire de l’Allemagne, au moyen d’une révolution politique prolétarienne contre la bureaucratie stalinienne parasitaire est-allemande, et d’une révolution socialiste à l’Ouest pour renverser et exproprier la bourgeoisie allemande.
L’URSS maintenant détruite, l’Union européenne (UE) est un simple bloc commercial entre des puissances impérialistes concurrentes, essentiellement l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, qui se sont fait deux fois la guerre entre elles rien qu’au siècle dernier pour la suprématie en Europe et pour arracher à leurs rivales des parts de marché au niveau mondial. Le seul objet de l’UE est de soi-disant promouvoir la « concurrence libre et non faussée » (alors que le capitalisme a atteint depuis plus de cent ans l’ère des cartels et des monopoles). C’est une couverture idéologique pour des attaques croissantes contre les acquis que les travailleurs avaient pu arracher par leurs luttes à l’époque où l’Union soviétique existait encore. Ainsi, la directive antisyndicale Bolkestein visait à mettre davantage en concurrence les travailleurs des différents pays d’Europe les uns contre les autres ; comme nous l’écrivions dans un tract (reproduit dans le Bolchévik n° 175, mars 2006), « la directive Bolkestein va droit au cœur de ce qu’est l’Union européenne ». Plus récemment, nous soulignions dans le dernier Bolchévik (décembre 2011) :
« L’UE est une construction fragile, exposée aux tensions constamment engendrées par la divergence des intérêts nationaux des impérialistes européens ; ces tensions menacent constamment de la faire éclater. Il ne peut en être autrement. Les forces productives ont depuis longtemps débordé du cadre national, et pourtant le capitalisme est un système qui repose fondamentalement sur les Etats-nations : chacune des différentes classes capitalistes nationales a besoin d’avoir son propre Etat pour promouvoir et défendre ses intérêts à l’intérieur et à l’étranger. De ce fait, sous le capitalisme, une union politique, ou un super-Etat européen, est un objectif nécessairement réactionnaire en même temps qu’une utopie fumeuse. »
Aussi, la Ligue communiste internationale s’est toujours opposée à l’Union européenne et son instrument monétaire, l’euro. En mai 1997, alors que se finalisaient les négociations interimpérialistes pour la création de l’euro, nous écrivions dans un tract qui appelait à ne pas voter pour le front populaire Jospin-PCF : « Si demain, face aux luttes ouvrières, l’“union monétaire” était abandonnée ou repoussée aux calendes grecques, ce serait une victoire pour les travailleurs, qui dans toute l’Europe, opposent une résistance acharnée à l’offensive capitaliste. » Nous expliquions à l’époque qu’une monnaie unique n’est pas viable en l’absence d’un gouvernement européen unique, et celui-ci « ne peut être réalisé que par les méthodes d’Adolf Hitler, et non par celles de Jacques Delors, l’architecte social-démocrate français de Maastricht » – et père de Martine Aubry, aujourd’hui dirigeante du PS (voir le Bolchévik n° 143, été 1997).
Si Hollande s’oppose à Sarkozy sur la question de l’Europe, c’est uniquement du point de vue des intérêts de l’impérialisme français, pas ceux des travailleurs. Hollande reproche à Sarkozy de s’être couché devant les rivaux allemands de la France ; il est allé à Londres pour non seulement rassurer les financiers de la City qu’ils n’avaient rien à craindre de ses discours contre « le monde de la finance », mais aussi pour plaider pour un resserrement des liens franco-britanniques face à l’Allemagne. Hollande n’a par exemple nullement l’intention de revenir sur les conditions imposées par Merkel et Sarkozy à la Grèce, menant celle-ci à l’asphyxie et plongeant son peuple littéralement dans la misère – et jetant les bases pour aggraver les attaques contre les travailleurs dans le reste de l’Europe, y compris en Allemagne et en France.
En France, l’Union européenne et l’euro sont une affaire où les sociaux-démocrates ont toujours joué un rôle décisif. Pour essayer de garder des leviers sur l’Allemagne, Mitterrand avait négocié avec le chancelier Kohl en décembre 1989 une monnaie commune en échange de son accord pour la réunification capitaliste de l’Allemagne, qui allait inévitablement à terme renforcer la puissance de l’Allemagne par rapport à la France. Il avait fait voter par référendum en 1992 le traité de Maastricht instituant l’euro (le « oui » ne l’avait emporté que de justesse, grâce notamment au vote de Mélenchon et à l’abstention de Lutte ouvrière). L’euro lui-même a été introduit sous le gouvernement PS-PC-Verts de Jospin, auquel prit part Mélenchon entre 2000 et 2002. Le PS de Hollande a plus tard fait campagne pour le traité de Lisbonne (repoussé par référendum en 2005 mais tout de même adopté en 2008 grâce à l’abstention ou au vote favorable de plus de 150 parlementaires PS). Avec sa décision de s’abstenir au parlement, le PS vient de sauver la dernière trouvaille merkozyste pour asphyxier la Grèce, dite « mécanisme européen de stabilité ».
Voici le bilan de l’UE pour l’impérialisme français. Grâce à la contre-révolution capitaliste en Europe de l’Est, et à la destruction des acquis sociaux et au laminage des salaires qui l’y ont accompagnée, la bourgeoisie allemande notamment a pu délocaliser une part croissante des intrants de ses produits industriels vers ces pays qui constituent de plus en plus son hinterland (arrière-pays) économique ; la force de l’euro par rapport aux monnaies locales a encore abaissé le coût de ces produits pour les capitalistes allemands. La réduction des salaires en Allemagne même, notamment sous les gouvernements sociaux-démocrates présidés par Gerhard Schröder dans les années 2000, s’y est ajoutée pour donner un avantage compétitif croissant aux capitalistes allemands par rapport aux français. Les réformistes français, qui avaient soutenu la contre-révolution (au nom de l’avènement de la « démocratie ») et l’Union européenne sont maintenant fort déçus du résultat : c’est leur propre bourgeoisie qui coule.
En fait, aucun candidat du mouvement ouvrier dans ces élections ne s’oppose ni de près ni de loin à l’Union européenne. Mélenchon et le PCF voudraient que la Banque centrale européenne distribue de l’argent aux pauvres (le tout payé en fin de compte par les capitalistes allemands via une dépréciation de l’euro et/ou via des « eurobonds »), propageant ainsi l’illusion que l’UE et son institution monétaire pourraient se mettre au service des opprimés. Tant qu’ils y sont, pourquoi ne pas demander à Le Pen de défendre les immigrés ?
Mais le reste de la « gauche de la gauche » n’est pas en reste. Cela fait des années que le NPA, à la suite de son prédécesseur la Ligue « communiste révolutionnaire », se fait le chantre d’une Europe « démocratique et sociale », c’est-à-dire qu’il prétend qu’il pourrait y avoir une Europe capitaliste qui soit plus humaine que celle d’aujourd’hui. Le NPA détourne ainsi la classe ouvrière de la lutte pour renverser le système capitaliste tout entier et pour fonder sur cette base révolutionnaire internationaliste des Etats-Unis socialistes d’Europe. Ces larbins de leur propre impérialisme tancent les travailleurs grecs et français qu’ils doivent rester prisonniers du carcan de l’euro, que le NPA présente comme un cadre protecteur face à leur propre bourgeoisie nationale. Ainsi l’éditorial de TOUT est à nous ! LA REVUE du NPA de janvier, signé Yvan Lemaitre, déclare à propos du retour aux monnaies nationales :
« Un tel retour en arrière enfermerait les travailleurs dans le carcan national à la merci de bourgeoisies nationales acharnées à défendre leur maigre place au sein de la nouvelle division internationale du travail. Il y a une autre issue, démocratique et progressiste, au sein de cette Europe devenue la nouvelle arène des luttes des travailleurs et des peuples. »
Comme Lemaitre est opposé à la révolution socialiste, il ne peut concevoir l’opposition à l’Union européenne capitaliste et à l’euro que d’un point de vue nationaliste de droite. Il a le cynisme de condamner « la propagande réactionnaire, chauvine et nationaliste qui prône le retour aux monnaies nationales et le repli derrière les frontières ». En fait c’est la faillite de la gauche, apôtre de l’Europe capitaliste « démocratique et sociale », qui gonfle les voiles de la démagogie des fascistes : elle leur laisse le monopole de l’opposition à l’Union européenne au nom de laquelle sont saccagés les acquis des travailleurs – et notamment des travailleurs allemands, qui ont été parmi les principales victimes des mesures de « compétitivité » en Europe. Les deux seuls candidats déclarés dans ces élections qui soient contre l’euro sont Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, un vieux-gaulliste d’extrême droite.
(Le « Parti ouvrier indépendant » (POI) a sa propre ligne ultra-chauvine délirante franco-française ; lors du rassemblement du 13 février à Paris à propos de la Grèce, ses militants scandaient des slogans contre l’Union européenne, « agence américaine », et demandaient le départ de la troïka UE-FMI-BCE… de Paris, peut-être pour protéger la belle France des méfaits de celle-ci. Ils masquent ainsi le rôle de l’impérialisme français dans l’oppression de la Grèce.)
Le protectionnisme, une réponse réactionnaire aux attaques capitalistes
Partout en Europe monte le nationalisme, expression idéologique de l’aiguisement des rivalités entre les bourgeoisies capitalistes sur le continent. Pour le combattre il faut rompre ouvertement avec la fiction réactionnaire d’une unification capitaliste de l’Europe et lutter au contraire pour l’internationalisme prolétarien révolutionnaire, et notamment aujourd’hui en solidarité avec nos frères de classe grecs qui étouffent sous le joug de la BNP, de la Deutsche Bank et de la BCE. Il faut s’opposer aux campagnes protectionnistes pour taxer les produits d’importation, « produire français » ou « produire en France », qu’elles viennent de Sarkozy, de Hollande ou de Mélenchon (voir notamment notre article dans le Bolchévik n° 197 de septembre dernier, « PS, PCF, PG, NPA prônent l’alliance avec leur propre bourgeoisie contre les travailleurs d’autres pays – Le protectionnisme : une réponse réactionnaire aux attaques capitalistes »). Il faut s’opposer au poison chauvin des rares idéologues « de gauche », comme Jacques Sapir (Faut-il sortir de l’euro ?) ou Jacques Nikonoff (Sortons de l’euro !), qui s’opposent à l’euro pour mieux préconiser le protectionnisme. Comme nous le disions à propos d’un article paru dans la revue Inprecor (juillet-août-septembre 2011) de Michel Husson, économiste fétiche du NPA (article où Husson défendait aussi l’euro) : « Le NPA veut faire croire qu’on peut réformer à bon compte le capitalisme, et en faisant la promotion d’un “bon” protectionnisme il donne de la légitimité au protectionnisme du Front national » (le Bolchévik n° 197, septembre 2011).
Et de même le PCF avec son « produisons français » qu’il vient de ressortir il y a quelques mois, et que reprend le FN. Aujourd’hui le FN demeure essentiellement une enveloppe parlementaire, mais sur le fond le fascisme, ce sont des nervis paramilitaires qui pratiquent la terreur raciste et dont la cible est au fond la classe ouvrière. Le système capitaliste décadent constitue le terreau dont se nourrissent les fascistes. En cas de crise aiguë la bourgeoisie les mobilise contre la classe ouvrière, comme en Allemagne en 1933. C’est pourquoi la lutte contre les fascistes est inséparable de la lutte pour la révolution socialiste. Pour les écraser il faut mobiliser la classe ouvrière en défense des musulmans, des immigrés, des homosexuels et de toutes les victimes désignées de cette racaille et lutter pour renverser le capitalisme – une perspective à laquelle les bureaucrates syndicaux sont hostiles, car ils cherchent à maintenir les syndicats enchaînés à l’ordre capitaliste.
Il faut combattre les licenciements qui menacent les travailleurs dans les usines que délocalisent les capitalistes à la recherche d’un profit maximal. Mais le protectionnisme signifie chercher un accord avec les capitalistes français pour maintenir la production ici contre les travailleurs des autres pays. C’est tout le contraire d’un programme internationaliste prolétarien, basé sur une lutte de classe commune par-delà les frontières contre ces mêmes capitalistes pour défendre et étendre les acquis des travailleurs. Pour lutter contre les manœuvres de la bourgeoisie pour diviser les travailleurs internationalement, il faut lutter pour des augmentations de salaires y compris dans les filiales et chez les sous-traitants dans d’autres pays. Il faut lutter pied à pied contre les licenciements en revendiquant le partage du travail entre toutes les mains, avec réduction du temps de travail correspondante sans perte de salaire. Il faut lutter pour l’embauche en CDI de tous les intérimaires et contrats précaires. A travail égal, salaire égal !
Cela exige de lutter pour des syndicats industriels regroupant dans une même organisation de lutte tous les travailleurs sur un site donné, y compris s’il s’agit de sous-traitants, d’entreprises françaises ou étrangères. Et cela en retour exige de lutter pour une nouvelle direction dans les syndicats, une direction révolutionnaire internationaliste remplaçant des bureaucrates qui se satisfont de la division des travailleurs syndiqués entre plusieurs syndicats concurrents, qui se satisfont même du faible nombre de syndiqués étant donné que c’est pour l’essentiel les patrons et l’Etat qui financent leur appareil.
La division de la classe ouvrière selon les frontières, avec le protectionnisme, va de pair avec la division des travailleurs à l’intérieur du pays selon des lignes ethniques, raciales ou sexuelles. Mélenchon, le plus clair avocat du protectionnisme parmi les candidats du mouvement ouvrier, n’a pratiquement rien à dire contre les campagnes racistes du gouvernement dans sa plaquette-programme de 96 pages. Il en va pourtant de l’unité du prolétariat multiethnique et multiracial de ce pays. Pleins droits de citoyenneté pour tous ceux qui sont ici ! A bas les expulsions de sans-papiers ! Le mouvement ouvrier doit défendre les jeunes de banlieue ! A bas la campagne raciste contre les femmes voilées !
LO se présente comme la vraie candidature PCF
Par rapport à ce marais, Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière, se présente comme la seule « candidature communiste ». Elle cherche à tirer profit des réticences initiales d’une partie significative des militants PCF à soutenir la candidature du jauressiste Mélenchon. (Jean Jaurès, qu’Engels traitait fort à propos de « phraseur », était à l’origine un radical bourgeois et sa politique n’évolua guère même quand il se déclara « socialiste ».) Mais le programme d’Arthaud n’a rien à voir avec le communisme. D’ailleurs l’UE, l’euro, LO a toujours été pour ; dans leur dernier document de conférence (Lutte de Classe n° 140, décembre 2011-janvier 2012) ils se lamentent que ces derniers temps « les quelques pas en avant faits par les bourgeoisies pour surmonter les rivalités nationales, comme dans le domaine de l’unification monétaire, sont aujourd’hui menacés ». Ils ont toujours célébré la soi-disant « ouverture des frontières » à l’intérieur de l’espace Schengen, alors qu’à tout moment il y a selon les estimations environ 100 000 personnes dans l’Union européenne qui sont en prison pour défaut de papiers, et 140 000 sont expulsées chaque année – et environ 15 000 personnes sont mortes en vingt ans en essayant de pénétrer cette forteresse raciste.
Voilà des gens qui se réclament soi-disant du « communisme », mais qui foulent aux pieds les principes les plus élémentaires de la lutte de classe en refusant de montrer à la classe ouvrière qu’on ne vote pas pour qui s’allie avec l’ennemi de classe bourgeois : LO a décidé lors de son récent congrès, en décembre dernier, de ne pas s’opposer à Hollande, en tout cas pas avant le soir du premier tour des élections. La candidature de LO n’est dès lors qu’une candidature pour faire pression sur le front populaire pour infléchir un peu à gauche sa politique une fois au pouvoir : « Même ceux qui, dans l’électorat populaire, par dégoût de Sarkozy, choisiront de voter pour Hollande au deuxième tour, ont intérêt à exprimer au premier tour qu’ils ne lui font pas confiance, qu’ils le garderont à l’œil et que, même avec la gauche au pouvoir, ils sauront imposer leurs exigences » (programme électoral de Nathalie Arthaud).
Quelle que puisse être la déclaration de Nathalie Arthaud le soir du premier tour à 20 heures, celle qu’avait faite dans les mêmes conditions Arlette Laguiller lors des élections de 2007 (appel à voter Ségolène Royal « sans réserve mais sans illusion ») laisse présager du pire. Même si LO s’avisait brusquement de préconiser l’abstention, leur participation continue depuis 2008 aux blocs municipaux de front populaire pour gérer le capitalisme localement, sous l’autorité de maires PCF ou chevènementistes, montre que LO ne s’oppose en rien à la collaboration de classes (y compris ils votent le budget). Aucun vote pour Nathalie Arthaud !
LO n’a jamais fait mystère du caractère réformiste de son municipalisme et de son syndicalisme. Ils écrivaient dans leur revue Lutte de Classe (février 2008) : « Par définition, l’activité municipale comme l’activité syndicale ne peuvent être révolutionnaires, mais sont réformistes. » Encore le mois dernier Jean-Pierre Mercier, porte-parole de Nathalie Arthaud et membre de la majorité municipale de Bagnolet, a signé une déclaration spéciale de solidarité politique avec le maire PCF, Marc Everbecq. Cette déclaration prenait la défense du « “vivre ensemble” et les solidarités », ainsi que de la « construction citoyenne », le soi-disant mode de gouvernement d’Everbecq. « Construction citoyenne » ou démolition raciste ? Les habitants d’un squat de travailleurs africains démoli à la tractopelle il y a deux ans par les services du maire apprécieront (voir notre article « Expulsions racistes à Bagnolet – LO se solidarise avec les expulsés… pour redorer le blason de la municipalité PCF », le Bolchévik n° 192, juin 2010). Voter le budget du maire, comme le fait Mercier depuis des années, cela veut dire justement lui payer sa tractopelle.
LO défend son réformisme municipal en argumentant que c’est là une longue tradition du mouvement ouvrier. Du mouvement ouvrier français, malheureusement oui, mais pas de Lénine. Celui-ci avait lutté avec acharnement en 1917 contre ses propres camarades qui voulaient précisément continuer les pratiques réformistes de la Deuxième Internationale au niveau de la gestion municipale (voir notre article dans Spartacist n° 39 sur les postes exécutifs). Ce n’est pas un hasard si la Constitution française exige depuis cinquante ans que le candidat au poste exécutif suprême soit parrainé par un certain nombre d’élus, dans leur immense majorité des maires qui justement exercent au quotidien un mandat exécutif.
Mercier est par ailleurs bureaucrate syndical à l’usine PSA d’Aulnay (voir notre article dans le Bolchévik n° 197 de septembre 2011). Face aux menaces de fermeture de cette usine, la CGT qu’il dirige vient d’organiser le 18 février une manifestation commune dans la ville avec le maire PS... et avec le SIA, le syndicat-maison de PSA (ex-CSL, des briseurs de grève de sinistre mémoire) ! En faisant ainsi l’unité avec les jaunes, LO pave la voie à la paralysie de la lutte et à la défaite face aux patrons. Le SIA a non sans raison cosigné une lettre de la CGT de décembre dernier à Sarkozy le suppliant de s’engager « par écrit » pour sauvegarder l’usine – après tout, ce ne serait pas sa première promesse de ce genre. Mercier lui-même croit-il qu’on peut défendre les emplois avec des bouts de papier de ce genre ?
On a malheureusement vu LO en action lors de la lutte en défense des retraites fin 2010. A l’époque ils se sont félicités de l’action des bureaucrates syndicaux, prétendant que cela « ne s’est pas fait au détriment des travailleurs » – pas étonnant, vu que leur propre rôle était d’« essayer d’être les meilleurs militants d’un mouvement déclenché et dirigé par les appareils bureaucratiques » (document adopté par la conférence de Lutte ouvrière, Lutte de Classe, décembre 2010-janvier 2011). En effet, ils sont maintenant eux-mêmes les bureaucrates syndicaux au niveau de nombreuses entreprises. Un an plus tard, ils ont subrepticement révisé leur bulletin de victoire en glissant dans un nouveau document de conférence que « le constat n’est évidemment pas le même un an après » (Lutte de Classe, décembre 2011-janvier 2012). Quant à réexaminer leur rôle dans cette défaite, LO en est loin ; mieux vaudra se référer à notre article « Leçons des grèves de l’automne en défense des retraites » (le Bolchévik n° 194, décembre 2010).
Au fond, le programme électoral de LO se résume à vouloir « imposer au grand patronat l’interdiction des licenciements », « imposer à l’Etat d’embaucher » et « imposer le contrôle des travailleurs sur les entreprises industrielles et bancaires », le tout avec des augmentations de salaires et alignement automatique des salaires sur les prix. Tout cela, ils veulent l’« imposer aux possédants et aux gouvernants, quels qu’ils soient ». Le malheur, c’est qu’imposer aux capitalistes l’« interdiction » des licenciements, etc., ce serait leur imposer qu’ils cessent de faire fonctionner leur économie pour la production de profits, leur imposer de cesser d’être eux-mêmes.
LO pense que les exigences vitales des travailleurs peuvent « être imposées […] par une lutte collective des travailleurs, suffisamment massive, suffisamment explosive, pour menacer réellement la classe capitaliste. […] la classe capitaliste ne lâchera rien sans sentir la colère ouvrière et la menace sur ses profits et sur sa fortune. » Mais si une telle lutte explosive se produit, ce n’est pas là que les choses sérieuses se terminent, c’est là qu’elles commencent : ou bien on se satisfait d’avoir obtenu ces « exigences vitales » sous la menace, ou bien l’on va de l’avant pour renverser le capitalisme. LO se limite manifestement à la première perspective, promettant ainsi de réitérer les trahisons du PCF en Juin 36 ou en Mai 68, où le PCF avait fait retourner les ouvriers au travail après quelques concessions économiques de la bourgeoisie, trahissant ainsi la possibilité d’une révolution socialiste. Comme toujours dans ces cas-là, les concessions obtenues sont immédiatement minées par les capitalistes qui n’auront de cesse qu’elles ne soient vidées de tout contenu.
De même, le « contrôle des travailleurs sur les entreprises industrielles et bancaires » ne peut être qu’une phase de la lutte des travailleurs pour imposer leurs propres organes de pouvoir, au niveau de l’usine et au niveau de l’ensemble de la société et pour liquider la propriété capitaliste pour de bon. Si l’on ne pose pas la perspective ainsi, d’un point de vue révolutionnaire, et LO ne le fait pas, il s’agit simplement de la cogestion où les bureaucrates syndicaux prennent part aux décisions des actionnaires pour mieux accroître le taux de profit des capitaux de ces derniers – et, en cette période de crise aiguë du capitalisme, « accompagner » les licenciements et les fermetures d’usines. Les mots suivants de Trotsky sont ici intégralement pertinents vis-à-vis de LO :
« La social-démocratie classique, qui développa son action à l’époque où le capitalisme était progressiste, divisait son programme en deux parties indépendantes l’une de l’autre : le PROGRAMME MINIMUM, qui se bornait à des réformes dans le cadre de la société bourgeoise, et le PROGRAMME MAXIMUM, qui promettait pour un avenir indéterminé le remplacement du capitalisme par le socialisme. Entre le programme minimum et le programme maximum, il n’y avait aucun pont. La social-démocratie n’en avait nul besoin, car de socialisme, elle ne parlait que les jours de fête. […] « Dans la mesure où les vieilles revendications partielles “minimum” des masses se heurtent aux tendances destructives et dégradantes du capitalisme décadent – et cela se produit à chaque pas –, la IVe Internationale met en avant un système de REVENDICATIONS TRANSITOIRES dont le sens est de se diriger de plus en plus ouvertement et résolument contre les bases mêmes du régime bourgeois. Le vieux “programme minimum” est constamment dépassé par le PROGRAMME DE TRANSITION dont la tâche consiste en une mobilisation systématique des masses pour la révolution prolétarienne. »
– Programme de transition (1938)
La démoralisation frappe le mouvement ouvrier depuis vingt ans, avec la contre-révolution en Union soviétique et la campagne sur la soi-disant « mort du communisme ». Cette démoralisation ne rend la contradiction que plus criante entre les tâches objectives auxquelles fait face le prolétariat et le niveau de conscience de celui-ci, mais elle ne change rien au fait que la seule manière de résoudre cette contradiction, c’est de lutter pour un parti ouvrier révolutionnaire. Au cours de la lutte de classe, ce n’est pas spontanément que la classe ouvrière se dotera d’une conscience socialiste, comme veut le faire croire LO « les jours de fête », mais par l’intervention d’un parti léniniste.
Dans ces élections, il n’y a aucun choix pour les travailleurs. Il n’y a aucune candidature qui présente, même au premier tour, même d’une façon grossière, une ligne d’indépendance de classe contre Hollande et Sarkozy, les deux principaux candidats considérés par la bourgeoisie pour diriger l’impérialisme français dans la période à venir. Quel que soit l’élu, la classe ouvrière va faire face à un renforcement de l’offensive capitaliste contre ses acquis. Elle sera d’autant mieux préparée à y faire face qu’elle aura refusé d’écouter les sirènes du front populaire et de lui accorder ses suffrages. Surtout, elle a besoin d’une nouvelle direction, une direction révolutionnaire. Nous luttons pour construire le parti léniniste qui un jour la conduira à la victoire et au renversement du capitalisme. Pour reforger la Quatrième Internationale, parti mondial de la révolution socialiste ! Pour les Etats-Unis socialistes d’Europe !
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A bas le colonialisme français à Mayotte ! (Part 1) (Juin 2014)

https://archive.is/wwaZZ
Le Bolchévik nº 208 Juin 2014
Mayotte, une île de l’océan Indien situé dans l’archipel des Comores entre le Mozambique et Madagascar, est devenue officiellement le cinquième « département d’outre-mer » (DOM) et le 101e département français le 31 mars 2011. Dès septembre de la même année, Mayotte était secouée par une grève générale de six semaines contre la vie chère – grève qui a pris fin avec un accord entre le gouvernement français et l’intersyndicale prévoyant principalement des baisses de prix sur onze produits de première nécessité.
Cette grève contre les prix exorbitants des produits de consommation importés pour la plupart de France – un héritage direct du système prédateur du « monopole » colonial – rappelle les mouvements similaires qui avaient éclaté en 2009 en Guadeloupe, en Martinique et à la Réunion. Toutefois, la situation économique et sociale à Mayotte est pire encore que dans les autres « DOM ». D’après le rapport d’une mission de la commission des lois du Sénat envoyée sur place à la suite du mouvement de 2011, le PIB par habitant à Mayotte était alors de 6 500 euros par an, soit à peine plus de 40 % du niveau de la Guyane, la plus pauvre des « régions ultramarines », et environ cinq fois moins qu’en « France métropolitaine ».
Largement dépourvue de ressources naturelles, Mayotte connaît une forte croissance démographique. Depuis sa séparation administrative du reste des Comores en 1975, sa population a quadruplé et un peu plus de la moitié des habitants ont aujourd’hui moins de 20 ans. Le taux de chômage officiel est supérieur à 25 % mais le chiffre réel est sans doute très supérieur.
La République française « laïque », la charia et autres « adaptations »
Et si les habitants des autres « DOM » sont considérés par l’Etat colonial français comme des citoyens de seconde classe, le régime juridique que ce même Etat réserve à ceux de Mayotte (les Mahorais) n’est qu’une forme à peine modernisée du statut d’« indigénat » que la Troisième République avait imposé à la fin du XIXe siècle aux dizaines de millions de « sujets » de son empire colonial. Pour commencer, plus de 40 % de la population de Mayotte est constituée d’« immigrés clandestins », en majorité originaires des autres îles de l’archipel. Ces sans-papiers subissent des discriminations et une répression terribles. J’y reviendrai tout à l’heure.
Parmi les Mahorais « français », il faut encore distinguer les citoyens de droit commun et ceux régis par le « statut personnel », encore appelé « droit civil local dérogatoire ». Le rapport du Sénat que j’ai déjà mentionné explique qu’il s’agit d’un « droit coutumier inspiré du droit musulman et de coutumes africaines et malgaches », et il précise qu’en vertu de l’article 6 du décret du 1er juin 1939 sur la législation civile indigène, ce statut personnel « s’applique automatiquement aux Mahorais musulmans […] tant qu’ils n’y ont pas renoncé ». Ce statut personnel, autrement dit le fait que la charia a force de loi, n’a jamais été aboli mais en 2010 une nouvelle ordonnance a rapproché du droit commun français le statut civil du droit local en notant que celui-ci « régit l’état et la capacité des personnes, les régimes matrimoniaux, les successions et les libéralités » mais ne saurait « contrarier ou limiter les droits et libertés attachés à la qualité de citoyen français ».
Les Mahorais sont musulmans à 95 %, et de nombreux litiges concernant le droit de la famille (mariage, divorce et répudiation, filiation, héritage, etc.) sont aujourd’hui encore tranchés par des juges islamiques, les cadis. Sans doute pour rassurer ses lecteurs, le rapport du Sénat précise toutefois que « pour des raisons d’ordre public, le Minhadj [droit islamique] n’est pas appliqué dans ses dispositions pénales », comme par exemple « la lapidation de la femme adultère » ! Avec la « départementalisation », la polygamie et la répudiation ont été officiellement interdites en 2010, mais cela n’empêche pas que la polygamie continue d’être largement pratiquée officieusement.
Les lois de la République s’appliquent mais… de façon « adaptée ». Dans le domaine des prestations sociales, en particulier, cette « adaptation » prend la forme d’une multitude de stipulations discriminatoires. Ainsi, le niveau de base du « revenu de solidarité active » (RSA) à Mayotte est actuellement fixé à 50 % du niveau métropolitain (après une « revalorisation exceptionnelle » octroyée par le gouvernement français en janvier 2014). Mais alors que le RSA métropolitain est majoré de 40 % par enfant à charge à partir du troisième enfant, à Mayotte c’est seulement 10 % par enfant à partir du quatrième ! Toute la législation et la réglementation « adaptées » sont à l’avenant.
C’est donc peu dire que le bilan de plus d’un siècle et demi de colonialisme français à Mayotte (et aussi, on le verra, dans le reste des Comores) est accablant. La France, « pays des droits de l’Homme », ne s’est pas contentée d’enfoncer toujours un peu plus les populations dans la misère et le sous-développement. Dans le contexte de manœuvres qui l’opposaient à ses concurrents impérialistes, elle a pratiqué depuis le début une politique de « diviser pour régner » destinée à dresser les unes contre les autres les populations des différentes îles de l’archipel. Ces populations sont pourtant unies par de multiples et solides liens religieux (islam sunnite), historiques, culturels et familiaux, et par la langue, dérivée du swahili, avec de nombreux emprunts à l’arabe, au persan, au portugais, à l’anglais et au français (le dialecte de Mayotte étant le shimaoré, la langue principale parlée dans l’île).
Même si 60 % de la population ne maîtrise pas ou mal le français, c’est la seule langue officielle reconnue et enseignée dans les écoles (avec les conséquences qu’on peut imaginer en termes d’analphabétisme et d’illettrisme). Comme nous le disions dans un article du Bolchévik sur la Réunion en 2012 : « Le “français seulement” est une politique linguistique raciste. Pour l’égalité complète de toutes les langues, sans aucun privilège pour le français ! » (« A bas la répression coloniale à la Réunion ! », le Bolchévik n° 200, juin 2012).
Un programme marxiste pour Mayotte
Nous sommes pour le droit à l’autodétermination, y compris le droit à l’indépendance, de toutes les dernières colonies françaises, quel que soit leur statut administratif, DOM ou TOM (« territoire d’outre-mer »). De Mayotte aussi. Mais la grande majorité de la population mahoraise est actuellement opposée à l’indépendance du fait des avantages matériels relatifs des Mahorais par rapport au reste des Comores (le PIB par habitant de Mayotte était en 2010 huit fois supérieur à celui du reste de l’archipel) et des manœuvres de la France sur lesquelles je reviendrai en détail. C’est pourquoi nous n’exigeons pas aujourd’hui l’indépendance immédiate de Mayotte. Nous sommes contre toute annexion, fédération ou indépendance imposée à la population.
Notre programme pour Mayotte et les Comores, pour en finir une bonne fois pour toutes avec l’oppression coloniale et l’exploitation, repose sur l’internationalisme prolétarien. Le cœur de notre programme, c’est la lutte pour la révolution socialiste dans l’Afrique du Sud voisine, dotée d’un puissant prolétariat, et dans les pays capitalistes avancés dont notamment la France, qui a la plus grande population comorienne hors de l’archipel, avec un certain niveau d’intégration dans le prolétariat français. Seule la révolution socialiste jettera les bases d’une économie socialiste planifiée internationale, qui ouvrira la voie à un véritable développement économique et à la fin de la lutte pour l’existence dans des pays encore aujourd’hui écrasés sous la botte impérialiste.
Dans cette perspective nous sommes en faveur d’un gouvernement ouvrier et paysan aux Comores, une union volontaire de l’ensemble de l’archipel y compris Mayotte, dans le cadre d’une fédération socialiste de l’Afrique australe. Mais nous reconnaissons qu’il n’est pas possible d’éradiquer du jour au lendemain les séquelles de décennies d’hostilité, de méfiance et de discorde semées par l’impérialisme français entre Mayotte et les îles voisines des Comores ; cela souligne que toute alliance entre Mayotte et le reste des Comores a pour condition préalable essentielle qu’elle se fasse sur une base volontaire.
L’expérience de la Révolution russe de 1917 nous sert de guide encore aujourd’hui. Dans le Caucase, des conflits interethniques avaient fait rage pendant des siècles. Les bolchéviks avaient lutté avec intransigeance avant la révolution pour le droit des nations dans la région à l’autodétermination. Et non seulement ensuite ils accordèrent effectivement ce droit, c’est-à-dire le droit de créer y compris des Etats indépendants si telle était leur volonté ; ils développèrent toute une série de solutions administratives pour de petits groupements proto-nationaux, même quelquefois de quelques villages, afin qu’ils aient un certain degré d’autonomie locale. La révolution mit fin aux guerres interethniques et retira pour l’essentiel la question nationale de l’ordre du jour. C’est une preuve spectaculaire de comment des conflits nationaux meurtriers qui, sous le capitalisme, peuvent sembler irréconciliables, peuvent se traiter de façon équitable et démocratique sous la dictature du prolétariat.
Nous avons pour perspective de construire des partis léninistes-trotskystes à Mayotte et dans toutes les Comores. Dans le contexte d’une révolution socialiste victorieuse en France, nous éliminerions le pouvoir colonial et mettrions véritablement en application le droit d’autodétermination. Nous mènerions une lutte commune avec nos camarades aux Comores contre l’héritage de l’oppression coloniale française et ses agents bourgeois sur place. Cela mettrait sur le devant de la scène les intérêts de classe communs et cela pousserait à l’unité en dépit des divisions nationalistes semées depuis des dizaines d’années. Mais pour donner un contenu plus concret à cette perspective, il est nécessaire de revenir sur l’histoire particulièrement sordide du colonialisme et du néocolonialisme français aux Comores.
Rivalités coloniales et manœuvres impérialistes dans l’océan Indien
Si l’on regarde sur une carte, on voit que Mayotte est constituée de deux îles – la Grande-Terre et la Petite-Terre. L’archipel des Comores est composé de quatre îles principales : Mayotte, Grande Comore, Mohéli et Anjouan à une soixantaine de kilomètres de Mayotte. Mayotte compte 215 000 habitants, le reste des Comores environ 750 000 habitants.
Mayotte est devenue une colonie française en 1841. Cette annexion a été un pur produit des rivalités franco-britanniques dans l’océan Indien autour de Madagascar. Les Européens étaient à Madagascar depuis le XVIe siècle. C’étaient d’abord les Portugais. Puis la « Compagnie de l’Orient » a été constituée en 1637 pour l’exploitation commerciale et coloniale française de Madagascar. Les Anglais cherchèrent à établir une présence à partir de 1814, suite au traité qui rendait à la France l’île Bourbon (la Réunion) après les guerres napoléoniennes.
Si on lit même superficiellement cette histoire, on remarque que les intrigues et l’hypocrisie des colonisateurs ne sont pas très différentes des manœuvres utilisées aujourd’hui par les impérialistes. Les Anglais insistaient par exemple que Madagascar était une dépendance de l’île Maurice, une de leurs colonies à l’époque. N’ayant pas convaincu leurs rivaux français ils argumentèrent que la « Grande Ile » (Madagascar) était en fin de compte un territoire indépendant qu’aucune des puissances coloniales ne pouvait revendiquer. Et ils poussèrent l’une des principales populations de Madagascar, les Merina, à s’emparer de l’île tout entière.
Les Français avaient des agents pour lutter contre les Merina. L’un d’eux s’appelait Andriantsouli, issu d’une autre famille royale représentant le peuple sakalave à Madagascar. Il fomenta des insurrections contre les Merina, et en 1831 il se réfugia à Mayotte dont il hérita. Attaqué par les sultans des autres îles des Comores et par la monarchie malgache soutenue par les Anglais, il se tourna vers les Français. En 1841 il céda Mayotte à la France par un simple acte de vente, en échange d’une rente viagère personnelle de 5 000 francs et de la promesse que les Français élèveraient deux de ses enfants à la Réunion.
L’importance stratégique de Mayotte
Avant de parler de Mayotte elle-même, je voudrais essayer d’expliquer l’intérêt de cette île et plus largement de l’océan Indien et du canal du Mozambique pour l’impérialisme français et ses rivaux. J’ai trouvé utile comme introduction le livre de Pierre Caminade, Comores-Mayotte : une histoire néocoloniale (éditions Agone). Il explique comment l’océan Indien est redevenu très important stratégiquement à la fin des années 1960 et au début des années 1970 avec la guerre des Six Jours en 1967, le conflit de 1971 entre l’Inde et le Pakistan, la guerre du Kippour en 1973 et le premier choc pétrolier la même année. De plus l’Union soviétique développait sa puissance navale dans l’océan Indien et les Américains renforçaient et militarisaient la base aéronavale de Diego Garcia.
Caminade raconte que les Français cherchèrent à ce moment-là à faire valoir leur propre influence dans la région avec leur base maritime de Diégo-Suarez (volée à Madagascar à la fin du XIXe siècle, sous Jules Ferry), en concurrence avec Diego Garcia. Mais sous la pression de Madagascar, qui avait noué des relations diplomatiques avec l’Union soviétique et la Chine fin 1972, les Français se retirèrent de Diégo-Suarez en 1973. Un document écrit à l’époque par une « mission mahoraise » évoque l’intérêt stratégique de Mayotte comme solution de remplacement : « Aussi Mayotte, département d’outre-mer, représenterait-il pour la France, sur l’échiquier international, une position d’observatoire géographiquement bien situé entre la Réunion et Djibouti, alors que nous devons quitter Diego-Suarez. » C’est pendant cette période qu’un lobby gaulliste, autour de Michel Debré et Pierre Messmer, a envisagé la création à Mayotte d’une nouvelle base de la flotte française. Cette base maritime n’a pas été réalisée, mais en 2000 le centre d’écoute militaire des Badamiers, à Petite-Terre, a été mis en service.
Si vous regardez la carte, vous allez voir d’autres îlots autour de Madagascar – les îles Eparses : Juan de Nova, les îles Glorieuses, Tromelin, etc. Rattachés depuis 1896 à la colonie française de Madagascar, ces îlots auraient dû être restitués en 1960 lors de la proclamation d’indépendance de ce pays. Mais, trois mois avant l’indépendance, le gouvernement français plaçait ces îles sous l’autorité directe du ministre des Outre-Mer. C’est de Gaulle lui-même qui a insisté pour que ces îles restent françaises, en partie parce qu’elles étaient des sites possibles pour les essais nucléaires de la future « force de frappe », et aussi tout simplement du fait de leur position stratégique pour l’armée française : elles permettent à l’impérialisme français de contrôler le canal du Mozambique. Si on compte Tromelin et l’île de la Réunion, un autre DOM, Madagascar est entourée de territoires revendiqués par la France.
En 2010 seulement, le gouvernement Sarkozy a signé un projet d’accord-cadre de gestion économique conjoint de Tromelin avec l’île Maurice (qui fut successivement colonie hollandaise, française puis britannique avant d’accéder à l’indépendance en 1968). On peut y lire ceci :
« Il ne saurait être question que la France renonce à la souveraineté sur Tromelin non seulement sur le principe mais aussi parce que cela pourrait avoir un impact sur les autres différends relatifs à des possessions françaises d’outre-mer, en particulier celui avec Madagascar à propos des îles Eparses situées dans le canal du Mozambique. »
Les gouvernements français successifs ont cherché à éviter le règlement de ces questions de souveraineté devant une instance internationale, favorisant plutôt une approche « bilatérale », avec un rapport de force plus favorable pour la France. L’impérialisme français cherche à conclure un accord de ce genre avec Madagascar pour les îles Eparses.
Pourquoi ? En partie pour des questions militaires et pour la position stratégique de ces îles : le canal du Mozambique est une route maritime très fréquentée, par laquelle transite une grande partie du pétrole exporté du Moyen-Orient vers l’Europe (et les Etats-Unis). Une bonne partie du pétrole exporté du Moyen-Orient y passent. En plus il y a des intérêts économiques importants. Le canal du Mozambique pourrait devenir un nouvel eldorado du pétrole et du gaz off-shore. D’après un rapport publié en 2012 par des compagnies pétrolières qui ont effectué des travaux d’exploration au large de Juan de Nova, les gisements exploitables seraient « comparables à ceux de la mer du Nord » (la Gazette de la Grande Ile, 25 avril 2012).
Toutefois, le gouvernement Sarkozy insistait dans un rapport destiné au Sénat que la volonté française de garder le contrôle de Juan de Nova était motivé avant tout par le souci de protéger « des sites de reproduction indispensables pour plus de 3 millions d’oiseaux de 26 espèces ainsi que pour quelques 15 000 tortues marines » ! Le même rapport suggérait que la France n’avait aux îles Eparses aucun intérêt pétrolier.
Il y a aussi une chose qu’on appelle Zone d’exclusivité économique (ZEE). Un pays peut contrôler les ressources (pêche mais aussi matières premières comme le pétrole, le gaz etc.) d’un espace maritime dans un rayon de 200 miles nautiques (370 kilomètres) au large de son territoire. Comme la France revendique la ZEE autour de Juan de Nova, c’est elle qui a cédé les permis d’exploration pétrolière, même si l’île est seulement à 150 km de la côte malgache.
L’ONG Survie (et, d’après les câbles diplomatiques américains révélés par Wikileaks en 2011, un certain nombre de diplomates étrangers à Madagascar) montrent la France du doigt à propos du coup d’Etat à Madagascar en 2009 et du remplacement du président Ravalomanana par Andry Rajoelina, avec qui elle espérait signer un accord bilatéral sur les îles Eparses. Par ailleurs, les élections à Madagascar étaient censées avoir lieu en juillet 2013. Elles ont finalement eu lieu en décembre. Le nouveau président, Hery Rajanonarimampianina, a rouvert des négociations avec les Français sur les îles Eparses ; il a employé le terme de « cogestion » et il a déclaré : « A mon avis, la France ne serait pas contre une mutualisation des intérêts avec Madagascar. »
Caminade insiste dans son livre sur l’importance pour la France de ces ZEE. La France est la deuxième puissance maritime mondiale derrière les Etats-Unis (du moins par la surface océanique dont elle revendique le contrôle). Et elle possède des territoires dans tous les océans, ce qui lui donne une place stratégique, avec par exemple ses stations d’écoute à Mayotte, à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie. Le réseau d’espionnage électronique dont fait partie la station d’écoute de Mayotte couvre la quasi-totalité de la planète. D’après Caminade, la France fait grand cas de cet atout sécuritaire au sein de l’Union européenne. Mayotte est importante aussi comme base permanente pour les forces armées françaises : y sont installés notamment un détachement de la Légion étrangère et une base de gendarmerie maritime. Nous exigeons le retrait de toutes les troupes et forces navales françaises de Mayotte et la fermeture du centre d’écoute des Badamiers !
Diviser pour régner : l’impérialisme français, les Comores et le séparatisme mahorais
C’est en 1841 que les Français sont arrivés pour « protéger » Mayotte. En 1886 la Grande Comore, puis Anjouan et Mohéli passaient à leur tour sous protectorat français. En 1946, les quatre îles devinrent un « territoire d’outre-mer » – « le Territoire des Comores ». Un an plus tard, en 1947, une révolte indépendantiste éclatait à Madagascar, suivie d’une répression sanglante (plusieurs dizaines de milliers de morts).
Un sentiment indépendantiste commença à la même époque à se développer à Mayotte (la plus « malgache » des quatre îles). Jusqu’à ce moment et depuis le XIXe siècle, la France, dans le cadre d’une politique coloniale classique de « diviser pour régner », avait toujours privilégié Mayotte minoritaire – à peu près 10 % de la population de l’archipel. Mais l’impérialisme français réagit au sentiment indépendantiste qui menaçait le reste de l’archipel et les autres colonies de la région (particulièrement la Réunion voisine). Il décida en 1957 de punir Mayotte en confiant tous les pouvoirs dans l’archipel des Comores à un « Conseil de gouvernement » où les Mahorais seraient minoritaires. En conséquence, la capitale et les principales activités économiques qui en dépendaient furent elles aussi transférées en 1958 à Moroni en Grande Comore, à l’autre bout de l’archipel. (cont. )
http://www.icl-fi.org/francais/lebol/208/mayotte.html
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Malgré quatre mois de protestations ouvrières - Hollande et Valls imposent la loi antisyndicale El Khomri

https://archive.is/J36iB
Le Bolchévik nº 217 Septembre 2016
Malgré quatre mois de protestations ouvrières
Hollande et Valls imposent la loi antisyndicale El Khomri
Pour des syndicats industriels ! Pour un parti ouvrier révolutionnaire !
Après quatre mois de lutte, le gouvernement Hollande-Valls a fait passer au forceps la loi El Khomri en juillet dernier. C’est une grave défaite pour la classe ouvrière car le cœur du projet de loi, l’article 2 (devenu article 8 dans la version définitive du texte), stipule que des syndicats minoritaires peuvent dorénavant signer des accords d’entreprise plus défavorables aux travailleurs que les clauses des conventions collectives (accords de branche). Derrière la remise en cause du pouvoir de négociation des bureaucrates au niveau des branches, ce sont les syndicats eux-mêmes, les organes élémentaires de défense économique des travailleurs face aux patrons, qui viennent de subir une nouvelle attaque frontale, ce qui facilitera énormément les licenciements et les attaques contre les salaires et les conditions de travail.
La loi El Khomri parachève un processus entamé il y a plus de trente ans, sous un gouvernement PS-PCF, où les premières clauses ouvrant des possibilités de dérogation aux conventions collectives avaient été introduites (lois Auroux de 1982) ; une succession de nouvelles brèches ont ensuite été introduites avec les lois Aubry de 1998 (sous le gouvernement Jospin), et en 2008 avec la loi de Sarkozy sur la représentativité syndicale. Avec la nouvelle loi, les conventions collectives elles-mêmes se retrouvent pratiquement vidées de leur contenu.
Hollande a eu le cynisme de se référer aux acquis du Front populaire 80 ans plus tôt, quand le Front populaire avait au contraire institué les conventions collectives. A l’époque c’était une maigre concession faite au PCF et à la bureaucratie syndicale pour avoir étranglé la possibilité d’une révolution socialiste, mais aujourd’hui même cette petite mesure de protection des travailleurs, instituant un certain pouvoir de négociation pour les syndicats, se retrouve sur le billot. Cela souligne à quel point tout acquis de la classe ouvrière est éminemment réversible sous le capitalisme. En dernier ressort, cela montre la nécessité de renverser ce système capitaliste tout entier par une révolution ouvrière.
Contrairement à toutes les attaques qu’a subies la classe ouvrière sous ce gouvernement Hollande pendant quatre ans, il y a eu cette fois-ci une lutte, dirigée essentiellement par la direction de la CGT et de FO (et de SUD). Ces bureaucrates n’étaient pas seulement motivés par l’attaque en règle contre les syndicats (et donc contre leurs sinécures) que représentait la loi. Ils étaient aussi poussés par une partie de leur base, excédée par quatre ans d’attaques sous Hollande – lui-même devenu le président le plus impopulaire de la Cinquième République. Il est d’autant plus crucial de comprendre pourquoi les bureaucrates avaient pu tenir en bride la classe ouvrière pendant si longtemps, et pourquoi les capitalistes et leur gouvernement ont fini par l’emporter dans cette bataille, malgré les grèves et manifestations.
L’horizon de Berger : le capitalisme français – et celui de Martinez aussi
Les réformistes ont leur dose de responsabilité dans les attaques qui pleuvent depuis plus de quatre ans : ce sont eux qui avaient appelé il y a quatre ans la classe ouvrière à battre la droite pour mettre à la place un soi-disant gouvernement « de gauche ». Y compris Bernard Thibault, alors chef de la CGT, avait ouvertement appelé à voter pour Hollande en 2012, alors que Mélenchon, le PCF et le NPA appelaient à « battre » ou à « dégager » Sarkozy. Quant à Lutte ouvrière, ils font aujourd’hui comme s’ils avaient alors appelé à l’abstention, mais en réalité ils avaient insisté qu’il ne fallait surtout pas voter Sarkozy, et que pour le reste les électeurs pouvaient faire ce qu’ils voulaient – c’est-à-dire implicitement aussi voter Hollande si bon leur semblait (voir l’éditorial de Lutte Ouvrière du 23 avril 2012) !
Le fait que les dirigeants réformistes de la classe ouvrière aient ainsi considéré ce gouvernement comme le leur a considérablement paralysé les travailleurs pendant des années. La LTF avait été pratiquement la seule à insister qu’il n’y avait aucun choix pour les travailleurs dans ces élections.
Aujourd’hui il est facile d’accuser le jaune Berger, l’appareil syndical de la CFDT s’étant jeté à fond dans le soutien à la loi El Khomri, exhortant même le gouvernement à ne pas reculer face à la rue. Mais, même si au moins les bureaucrates de la CGT et de FO se sont opposés à cette loi, il ne faut pas pour autant en déduire qu’ils seraient qualitativement différents de leurs congénères de la CFDT. D’ailleurs, sur le terrain, ils signent pratiquement autant d’accords d’entreprise que FO ou la CFDT. Pendant des années, la direction de la CGT a prôné l’« unité d’action » avec les bureaucrates de la CFDT, unité qui s’est notamment traduite par un accord réalisé par ces deux appareils en 2008 avec Sarkozy pour une loi réformant la représentativité syndicale.
De la loi Sarkozy de 2008 à la loi El Khomri
Pour ces bureaucrates, l’idée avec la loi Sarkozy était d’éliminer ce qu’ils considéraient comme les syndicats parasites (FO, SUD, UNSA…) en faisant en gros qu’à l’avenir seuls les syndicats réunissant un certain pourcentage de voix aux élections au comité d’entreprise seraient reconnus comme des interlocuteurs syndicaux par les patrons. Auparavant, depuis les années 1960, seuls étaient automatiquement considérés comme représentatifs cinq fédérations syndicales dont l’attitude pendant l’Occupation était jugée « patriotique », ce qui permettait à de petits syndicats fantomatiques, parfois créés de toutes pièces par le patron (comme par exemple certaines sections d’entreprise FO ou CFTC), de signer des accords dits représentatifs.
Sarkozy et les bureaucrates CGT-CFDT ne voulaient au contraire des accords qu’avec des appareils ayant une réelle autorité (mesurée par des élections professionnelles) sur les travailleurs, ce qui garantirait mieux la paix sociale dans l’entreprise et donc les profits du capitalisme français. Les bureaucrates de la CGT-CFDT se voyaient accorder en contrepartie un droit de veto implicite sur ces accords : les syndicats obtenant au moins 50 % des voix aux élections pouvaient faire usage d’un « droit d’opposition ».
Mais la loi Sarkozy n’a pas rempli toutes ses promesses. D’une part, les syndicats devenus « non représentatifs » se sont du coup parfois mis à afficher davantage de combativité que la CGT dans les entreprises, dans le but de pouvoir se refaire aux élections suivantes. Pour le moment, aucune de ces fédérations n’a disparu. FO s’est ainsi opposée ce printemps à la négociation d’une convention collective pourrie à la SNCF.
Mais ce sont surtout les patrons qui ont été frustrés du résultat. La CGT et la CFDT notamment ont pu faire usage de leur « droit d’opposition » pour bloquer des accords minoritaires, par exemple sur le travail du dimanche dans les grands magasins suite à la loi Macron ou dans la métallurgie chez Smart sur la liquidation des 35 heures.
L’objet de la loi El Khomri est précisément de faire sauter ces inconvénients pour les patrons. Elle stipule que, même si des syndicats ayant une majorité aux élections professionnelles font opposition, les patrons peuvent alors soumettre l’accord à un référendum d’entreprise, où sont appelés à voter les non-syndiqués, les chefs, etc., et où les patrons peuvent exercer toutes les menaces pour obtenir le résultat escompté, comme cela s’est passé justement chez Smart avec un référendum consultatif (le plan patronal a été accepté par les salariés toutes catégories confondues alors qu’une nette majorité des ouvriers ont voté contre).
Comme nous l’avons souligné dans notre propagande, il s’agit là d’une machine de guerre contre les syndicats, permettant aux patrons de leur mettre la pression pour leur faire signer (ou tout au moins accepter) des accords même en-dessous des conventions collectives, sous peine de se faire désavouer par les salariés dans un référendum « démocratique », ce qui rendrait beaucoup plus difficile ensuite d’organiser une lutte gréviste pour s’y opposer. La liquidation des conventions collectives pousserait dans chaque branche de l’économie vers un constant alignement par le bas des salaires et des conditions de travail au niveau de l’entreprise où les syndicats sont les plus faibles ou inexistants.
Pour des syndicats industriels, avec une direction lutte de classe !
En s’acoquinant avec Sarkozy sur la question de la représentativité, les bureaucrates de la CFDT et de la CGT avaient ouvert une brèche dans laquelle le gouvernement capitaliste de Hollande-Valls s’engouffre maintenant. Les marxistes ont une approche fondamentalement différente de cette question. Nous sommes contre les « critères de représentativité », qu’ils soient le « patriotisme » derrière le général de Gaulle (et ses larbins du PCF) pour sortir le capitalisme français de l’ornière de sa collaboration avec les nazis pendant la guerre, qu’ils soient le « respect des valeurs républicaines » capitalistes, ou qu’ils soient des élections au comité d’entreprise organisées par les capitalistes. Les comités d’entreprise eux-mêmes avaient à l’origine été conçus sous Vichy (sous le nom de « comités sociaux d’établissement ») pour gérer les œuvres sociales du patronat, dans une optique de gestion paternaliste de la main-d’œuvre.
Pour nous, au contraire, ce n’est pas aux patrons de décider si tel syndicat est représentatif ou non et à hauteur de quel pourcentage. De même, nous sommes opposés au système où les bureaucrates désignent les candidats aux diverses élections professionnelles, candidats qui sont ensuite départagés par l’ensemble du personnel lors d’élections organisées par la « DRH » : ce doit être aux syndiqués, et à eux seulement, qu’il revient de choisir leurs représentants !
Nous sommes pour des syndicats industriels regroupant dans un seul syndicat l’ensemble des travailleurs d’une entreprise. Il faut syndiquer les non-syndiqués, y compris les intérimaires, les précaires et les sous-traitants ! Aujourd’hui les patrons cherchent à les utiliser pour casser les grèves, et ils peuvent toujours trouver une chapelle syndicale ou une autre pour casser la grève de ses concurrentes.
La division CFDT-CGT est en soi un obstacle à l’unité des travailleurs, et donc un atout pour les patrons ; mais on ne la résoudra pas dans l’intérêt des travailleurs en réconciliant les Berger et Martinez. Il faudrait les virer tous les deux en les remplaçant par une direction lutte de classe dans un seul syndicat unifié – une perspective intimement liée à la lutte pour un parti ouvrier révolutionnaire d’avant-garde et pour accroître l’influence de celui-ci dans la classe ouvrière, sans fétichiser l’unité syndicale. Comme l’écrivait Trotsky en 1929 (« Communisme et syndicalisme ») :
« En fait, l’avenir de la révolution ne dépend pas de la fusion des appareils syndicaux, mais du regroupement de la classe ouvrière sur des mots d’ordre, et par des formes de lutte révolutionnaires. Aujourd’hui, l’unité de la classe ouvrière ne passe que par le combat contre ceux qui prêchent la collaboration de classe, et ceux-là ne se rencontrent pas seulement dans les partis politiques, mais aussi dans les syndicats. »
« Qui paie les violons choisit la musique »
Dans ses écrits parus pendant la Première Guerre mondiale, qui servirent à préparer les cadres bolchéviques à la Révolution russe, Lénine expliquait les soubassements matériels de l’opportunisme de la bureaucratie syndicale dans la corruption d’une mince couche de travailleurs privilégiés par les capitalistes :
« La bourgeoisie d’une “grande” puissance impérialiste peut, économiquement, soudoyer les couches supérieures de “ses” ouvriers en sacrifiant à cette fin quelque cent ou deux cents millions de francs par an, car son surprofit s’élève probablement à près d’un milliard. Et la question de savoir comment cette petite aumône est partagée entre ouvriers-ministres, “ouvriers-députés” (rappelez-vous l’excellente analyse donnée de cette notion par Engels), ouvriers-membres des comités des industries de guerre, ouvriers-fonctionnaires, ouvriers organisés en associations étroitement corporatives, employés, etc., etc., c’est là une question secondaire. »
Cette corruption de la bureaucratie syndicale par la bourgeoisie atteint aujourd’hui en France des sommets. Il ne s’agit pas simplement de sinécures pour quelques-uns, comme le poste confortable de Bernard Thibault, ex-chef de la CGT, au Conseil d’administration du Bureau international du travail à Genève, ou comme le poste qu’avait eu son successeur, Thierry Lepaon, au Conseil économique, social et environnemental – où il avait concocté avec la droite en 2012 la réforme ferroviaire contre laquelle les cheminots se sont battus en 2014. Aujourd’hui, la plus grande partie des revenus des syndicats (jusqu’à 90 % selon certaines sources !) provient directement des largesses des patrons et de leur Etat. (C’est le cas également des partis politiques réformistes, non seulement du PS et du PCF, mais aussi de LO et du NPA qui, notamment jusqu’à leur faible score aux élections de 2012, profitaient abondamment du système de financement des partis politiques par le Ministère de l’Intérieur.)
Ce sont les patrons et leur Etat qui paient les permanents syndicaux. Dans les grandes entreprises, là où le prolétariat est le plus concentré, les chefs syndicaux passent plus de temps à discuter avec le patron de la gestion de l’entreprise qu’à défendre les travailleurs, comme l’a fait remarquer même Martinez ! Une conséquence particulièrement perverse de ce système, c’est que les bureaucrates ne voient guère d’intérêt à recruter des gens au syndicat. Pour eux, l’important c’est le score aux élections organisées par le patron : c’est de leur pourcentage aux élections que dépend leur représentativité, leur nombre d’heures de délégation et leur financement, même s’ils ne disposent que d’une section syndicale fantôme dans l’entreprise. Les cotisations syndicales ne représentent qu’une très petite partie des revenus des syndicats, ce qui évite aux bureaucrates d’avoir le moindre compte à rendre à leurs militants.
Cela les pousse à défendre tout au plus leurs électeurs potentiels, c’est-à-dire les salariés en fixe ; ils acceptent ainsi la division des travailleurs selon des statuts différents, un piège mortel pour une lutte de classe unie et pour les syndicats eux-mêmes. Combien de grèves voit-on où les bureaucrates dissuadent les intérimaires de s’y joindre en leur disant qu’ils risquent leur emploi, au lieu de mettre un solide piquet de grève bloquant l’entrée et de les recruter au syndicat ?
Tout cela crée une dépendance matérielle fondamentale des bureaucrates par rapport à leur employeur capitaliste, et cela détermine leur vision du monde : pour que les capitalistes aient quelques miettes à jeter aux dirigeants syndicaux, il faut tout d’abord garantir la profitabilité de l’entreprise. Comme nous le disions dans notre tract sur la loi El Khomri : « Les bureaucrates syndicaux ont pour seul horizon la gestion du capitalisme français, ce qui aujourd’hui plus que jamais veut dire la destruction progressive des acquis ouvriers. » Et cela vaut non seulement pour Berger mais aussi pour Martinez.
Les directions syndicales poussent l’abjection jusqu’à se faire concurrence pour recruter les flics, matons, douaniers, agents de la SUGE (police ferroviaire) et autres membres de corps spéciaux d’hommes en armes au service de la bourgeoisie. Ce ne sont pas des « travailleurs en uniforme », ce sont des agents directs de l’ennemi de classe capitaliste dévoués à la défense de l’ordre capitaliste grâce à leur monopole de la force violente. Ils s’en sont d’ailleurs donné à cœur joie pendant la mobilisation contre la loi El Khomri pour attaquer à coups de matraques, de grenades et de flash-ball les cortèges de grévistes et ensuite les poursuivre en justice. Ils n’ont rien à faire dans les syndicats !
Pour reconstruire des syndicats lutte de classe il faudrait rompre ces mille liens qui attachent les syndicats, au travers des bureaucrates, à la collaboration avec les patrons. Cela ferait peut-être moins de camionnettes sono disponibles pour les manifestations, et moins d’heures de délégation payées par l’employeur, mais cela rendrait les dirigeants syndicaux responsables devant leur base et permettrait de se battre pour une direction lutte de classe. Comme l’écrivait le révolutionnaire russe Léon Trotsky dans un texte inachevé sur les syndicats à l’époque de la décadence impérialiste :
« En d’autres termes, à l’époque actuelle, les syndicats ne peuvent pas être de simples organes de la démocratie comme à l’époque du capitalisme libre-échangiste, et ils ne peuvent pas rester plus longtemps politiquement neutres, c’est-à-dire se limiter à la défense des intérêts quotidiens de la classe ouvrière. Ils ne peuvent pas être plus longtemps anarchistes, c’est-à-dire ignorer l’influence décisive de l’Etat sur la vie des peuples et des classes. « Ils ne peuvent pas être plus longtemps réformistes, parce que les conditions objectives ne permettent plus de réformes sérieuses et durables. Les syndicats de notre époque peuvent ou bien servir comme instruments secondaires du capitalisme impérialiste pour subordonner et discipliner les travailleurs et empêcher la révolution, ou bien au contraire devenir les instruments du mouvement révolutionnaire du prolétariat. »
Réformisme des bureaucrates contre programme révolutionnaire
Pour une fois ce printemps, les directions syndicales n’ont pas capitulé avant même le début d’une lutte. La mobilisation ouvrière à laquelle ils ont appelé a rassemblé jusqu’à un million et plus de travailleurs certains jours, et des grèves importantes ont bloqué ou sérieusement perturbé des pans cruciaux de l’économie, notamment dans les ports et le rail. La grève dans les raffineries est passée beaucoup moins loin de paralyser totalement le pays que ne l’a prétendu le gouvernement, qui a été contraint de puiser dans les « stocks stratégiques », c’est-à-dire prévus pour les cas de guerre (et de guerre de classes).
Il est de notoriété publique que l’aile dite « dure » du PCF (c’est-à-dire plus ou moins toujours stalinienne) est encore influente chez les dockers et dans la chimie. Ce sont des secteurs relativement petits où le taux d’organisation et d’unité syndicale est élevé dans le noyau de l’entreprise, ce qui a facilité la mobilisation. Mais dans ces secteurs pas plus qu’ailleurs, les bureaucrates n’ont mis en avant un programme qui soit susceptible d’élargir la mobilisation au niveau de la confrontation engagée par le gouvernement.
Le chauvinisme français ouvertement affiché par les staliniens était un obstacle à faire appel par exemple aux raffineurs et aux dockers belges, susceptibles d’être employés à casser la grève française, alors même que la classe ouvrière belge est en lutte contre sa propre « loi El Khomri », la loi Peeters.
Au moins ces militants de la CGT ont fait appel à la solidarité ouvrière au travers d’une caisse de grève – à laquelle le Comité de défense sociale, organisation de défense légale et sociale politiquement liée à la LTF, a contribué. (D’autres militants haut placés de la CGT se sont de leur côté opposés à une caisse de grève, dénonçant le danger d’une « grève par procuration » où les secteurs les plus combatifs auraient selon eux les moyens financiers de poursuivre longtemps la grève dans l’apathie générale.)
Mais, dans les ports et dans les raffineries, comme dans de nombreux secteurs, le noyau des travailleurs en CDI est entouré d’une énorme couche de travailleurs sous des statuts précaires divers, sous-payés et soumis à des conditions de travail plus dures et dangereuses : stagiaires, intérimaires, sous-traitants, travailleurs détachés, où les travailleurs issus de l’immigration ou des minorités sont très nombreux.
Pour élargir la mobilisation au-delà des quelques bastions syndicaux qui restent, il aurait fallu des mots d’ordre tournés directement vers ces travailleurs. Il aurait fallu exiger la liquidation immédiate de tous les statuts au rabais et l’embauche de tous les travailleurs concernés, y compris les travailleurs détachés d’Europe de l’Est et les sans-papiers, au meilleur statut égal pour tous. Cela implique de poser ouvertement la nécessité de la lutte pour les pleins droits de citoyenneté pour tous ceux qui sont ici.
Cela implique de s’opposer ouvertement à la « guerre contre le terrorisme » et autres mesures racistes du gouvernement qui minent l’unité entre ouvriers non musulmans et musulmans – alors que PCF, LO, NPA et bureaucrates syndicaux s’étaient joints sous une forme ou une autre à la campagne raciste « Je suis Charlie » de Hollande. Nous dénonçons la scandaleuse abstention en juin des sénateurs PCF sur un « amendement Baby Loup » à la loi El Khomri (soumis par la droite) visant à faciliter le licenciement des femmes voilées, voire des hommes barbus, dans les entreprises.
En fait la réceptivité parmi les grévistes et les manifestants à nos mots d’ordre contre la « guerre contre le terrorisme » (et aussi contre l’Union européenne, ennemie des travailleurs et des immigrés) montrait l’ouverture qu’aurait eue une direction lutte de classe pour avancer un programme politique plus large. Beaucoup voyaient comment le gouvernement cherchait à étendre la « guerre contre le terrorisme » en faisant subir aux travailleurs en lutte le traitement d’ordinaire réservé aux jeunes des quartiers.
Pour mobiliser les jeunes des quartiers populaires, largement absents des grandes manifestations du printemps, il aurait fallu aussi avancer des mots d’ordre contre le chômage de masse qui frappe toute une génération : Pour le partage du travail entre toutes les mains, sans perte de salaire ! A bas la discrimination raciste dans l’orientation scolaire, l’embauche, l’attribution des HLM, etc. ! Le mouvement ouvrier doit défendre les jeunes des banlieues !
La CGT demande, certes, les 32 heures pour tous, mais elle n’a à aucun moment cherché à se battre sérieusement pour, parce qu’elle accepte que le capitalisme français en crise n’aurait pas les moyens de les accorder. Le problème fondamental n’était pas simplement un manque de combativité des bureaucrates, mais c’est la vision réformiste d’une bureaucratie syndicale complètement embourbée dans la collaboration de classes. Face à la détermination du gouvernement de faire mordre la poussière à la classe ouvrière, il aurait fallu un programme à la hauteur des enjeux de la confrontation de classes : un programme ouvrant la perspective d’une révolution socialiste.
Pour avancer une telle perspective il faut une toute autre direction qu’un Martinez à la tête de la CGT : il faut lutter non seulement pour une direction lutte de classe dans les syndicats, mais aussi pour construire un parti ouvrier révolutionnaire d’avant-garde. Cela exige de démasquer les organisations qui représentent politiquement la bureaucratie syndicale réformiste, que ce soient le PCF, les groupes lambertistes (POI et POID), Lutte ouvrière, le NPA ou autre. Le parti révolutionnaire doit être le dépositaire de l’expérience chèrement acquise du mouvement ouvrier, et à ce titre il doit dire l’amère vérité sur ses opposants qui n’ont que trop mené les travailleurs à la défaite, et qui de ce fait s’empressent à chaque fois de simplement tourner la page pour occulter les leçons qui les incriminent.
Lutte ouvrière en particulier, dont certains dirigeants ont progressé dans l’appareil de la CGT (Jean-Pierre Mercier est délégué syndical central adjoint pour tout le groupe Peugeot-Citroën), a donné un satisfecit plein et entier à Martinez pour son action au printemps. Elle a déclaré dans un article paru dans Lutte de classe (juillet-août) qu’ « en dehors du problème de la SNCF que la fédération CGT présentait initialement comme un cas particulier, la direction de la CGT a eu une tactique adaptée au mouvement ».
Dans le meilleur des cas, les sociaux-démocrates « de gauche » du NPA (lui-même divisé en une demi-douzaine de factions à couteaux tirés – sauf sur l’essentiel) ont reproché à la CGT son manque de combativité et son refus d’appeler à la grève générale ou de mieux coordonner les départs de grève dans les différents secteurs. En limitant leurs critiques à des questions de tactique syndicale (comment mener la grève), ces sociaux-démocrates fournissent aux bureaucrates des échappatoires pour dissimuler leur propre trahison. Martinez avait ainsi beau jeu de rétorquer qu’il n’a pas les moyens d’appeler à une telle grève générale, vu la faiblesse des syndicats (résultat de tant de trahisons passées des bureaucrates), et vu que l’appareil de la CGT lui-même comporte une forte minorité nostalgique du « syndicalisme rassemblé » avec la CFDT de Chérèque.
Cheminots : la direction de la CGT entérine la défaite de la grève de 2014
Dans bien des secteurs, les bureaucrates ont souvent eu tendance à ramener chaque secteur en lutte vers des revendications sectorielles entièrement spécifiques. Ce genre de stratégie perdante découlait en partie du calcul, conscient ou non, qu’à défaut de pouvoir stopper la loi El Khomri il fallait au moins chercher à obtenir des contreparties dans chaque secteur en lutte pris isolément : le gouvernement était prêt, lorsque le mouvement gréviste montait, à quelques concessions, largement cosmétiques, notamment en direction des routiers, des fonctionnaires et des enseignants (sa principale base électorale).
L’exemple le plus grotesque (et non l’exception, comme l’a affirmé LO) était représenté par la CGT-cheminots dirigée par Gilbert Garrel. Depuis la grève de 1986, ce sont les cheminots qui ont été à la pointe des grandes batailles de ces dernières décennies, et c’est leur lutte qui a souvent décidé de la victoire ou non de tous, notamment en Décembre 95. Mais cette fois-ci la direction de la CGT-cheminots a freiné des quatre fers, dans le but avoué de caler la lutte sur le calendrier des négociations sur la nouvelle convention collective des cheminots et sur l’accord d’entreprise à la SNCF (elle n’a finalement appelé à la grève reconductible qu’à partir du 31 mai au soir, et sous une énorme pression de sa base).
La question de ces accords était au cœur de la lutte de 2014 (voir notre article dans le Bolchévik n° 209, septembre 2014). Il s’agissait, au nom des « directives de Bruxelles » sur la privatisation du rail, de faire sauter le statut des cheminots (le « RH0077 »), et de le remplacer par une convention collective valable aussi pour les entreprises ferroviaires concurrentes (Veolia, Deutsche Bahn, etc.) et par un accord d’entreprise SNCF.
La direction de la CGT-rail, en revendiquant cette année une « convention collective de haut niveau », entérinait de fait la défaite de 2014 et, autant que nous ayons pu le voir dans les assemblées générales auxquelles nos camarades et sympathisants ont pu participer, aucune fraction « de gauche » de la bureaucratie, qu’elle soit d’obédience stalinienne, lambertiste ou autre (NPA, LO, etc.), n’a pipé le moindre mot là-dessus. Ni non plus SUD.
Seule la direction de FO, guère connue pour son radicalisme dans le passé, se distinguait en exigeant le maintien pur et simple du RH0077, sans doute parce qu’elle a perdu sa « représentativité » et les sinécures allant avec lors des dernières élections professionnelles, et qu’elle cherchait du coup à gauchir sa ligne pour se refaire aux prochaines élections.
L’ironie de l’histoire, c’est que la CGT, en ramenant la lutte des cheminots à la question de la convention collective, placée au-dessus de la question de la lutte d’ensemble contre la loi El Khomri, a accepté que le rail passe dans le « lit de Procuste » du droit du travail et de ses conventions collectives, et donc de la loi El Khomri. En supplément, l’accord d’entreprise SNCF stipule explicitement, à toutes fins utiles, que des dérogations à cet accord (au détriment des cheminots) pourraient se voir imposées localement selon le rapport de force avec les syndicats : une « clause El Khomri » ferroviaire. Et la CGT a finalement renoncé à exercer son « droit d’opposition ».
Quelle perspective ?
Traditionnellement, sous la Cinquième République, c’est sous la droite que se produisaient les mobilisations les plus puissantes de la classe ouvrière, conduisant parfois à des reculs de la bourgeoisie, comme après Mai 68 notamment. Les réformistes canalisaient alors la mobilisation vers une perspective électorale dans le cadre d’une alliance entre les partis ouvriers réformistes (PS, PCF) et des formations bourgeoises de gauche plus ou moins squelettiques (Radicaux de gauche, chevènementistes, Verts,…) mais qui servaient de caution que le gouvernement ne sortirait pas du cadre d’une gestion fidèle du capitalisme.
Ces groupes bourgeois de gauche servaient aussi d’alibi aux réformistes qui pouvaient expliquer que, même si eux-mêmes étaient soi-disant enclins à plus de radicalité, ils étaient tenus de se limiter à ce qui pouvait être acceptable aux représentants déclarés de la bourgeoisie dans l’alliance. Ces alliances de collaboration de classes, toujours et inévitablement sur un programme bourgeois, nous les dénonçons sous le terme générique de « fronts populaires », et nous nous y opposons par principe. C’est pourquoi, contrairement aux lambertistes, LCNPA, LO, etc., nous avons toujours refusé de voter pour les Mitterrand, Jospin, Royal ou Hollande.
Cette fois-ci, nous ne sommes pas en mesure de prévoir concrètement comment les réformistes vont chercher à mettre sur pied une nouvelle alternative de front populaire pour canaliser la colère qui n’a cessé de croître contre le gouvernement, alors que la campagne électorale de 2017 a déjà commencé. Manuel Valls est déterminé à détruire le Parti socialiste comme parti ouvrier, à l’image de son mentor Tony Blair en Angleterre. L’imposition de la loi El Khomri à la CGT et à FO (dont le chef Jean-Claude Mailly est pourtant officiellement encarté au PS) en est à la fois la preuve et un moyen pour arriver à cette fin. Seule la direction du PCF semble encore entretenir l’espoir que quelque « frondeur » du PS pourrait surgir en offrant une perspective acceptable pour les travailleurs d’ici les élections de l’année prochaine.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon approfondit sa rupture avec le mouvement ouvrier en espérant surfer sur la vague du populisme bourgeois qui a porté Syriza au pouvoir en Grèce et abouti à l’émergence de Podemos en Espagne. Sa dernière saillie xénophobe contre les travailleurs d’Europe de l’Est qui « volent le pain » des travailleurs français ne fait que mettre encore plus en lumière à quel point sa perspective nationaliste est aux antipodes des intérêts de la classe ouvrière.
Mélenchon légitime ainsi la propagande raciste débridée du Front national de Marine Le Pen, seul à prospérer sur ce champ de ruines idéologique, y compris parmi des couches significatives d’ouvriers arriérés. Après l’attentat de Nice et la surenchère sécuritaire de la droite, le très gouvernemental le Monde (20 juillet) se met ouvertement à spéculer sur le moment où vont commencer les pogromes et meurtres racistes par des fascistes contre la population originaire du Maghreb et/ou soupçonnée d’être musulmane.
La régression générale du niveau de conscience des travailleurs n’est pas quelque chose d’épisodique, qui pourrait être surmonté simplement par une lutte économique un peu radicale, du genre El Khomri plus, comme l’imagine Lutte ouvrière. Elle résulte de trente ans de défaites quasi ininterrompues, et surtout de la destruction de l’Union soviétique il y a 25 ans, une immense défaite pour les travailleurs du monde entier. Nos opposants (LO, LCNPA, lambertistes…), qui avaient tous pris part d’une façon ou d’une autre à cette catastrophe en soutenant des forces contre-révolutionnaires en Europe de l’Est (Solidarność​…) ou en Union soviétique même, ont aujourd’hui pour toute perspective de gommer les aspects les plus horribles du capitalisme ; au mieux ils envisagent de revenir à l’« Etat-providence » des années 1980.
Les jeunes générations ont aussi été toutes ces années éduquées dans l’idée qu’il est impossible de concevoir une société totalement débarrassée des mécanismes de l’exploitation capitaliste. Mais l’URSS, issue de la première révolution prolétarienne victorieuse, avait justement représenté un premier pas dans cette direction. Elle avait montré qu’il est possible de lutter pour une société socialiste égalitaire mondiale où la hausse de la productivité permettra de produire en abondance, de sorte que disparaîtra la base matérielle de la lutte entre les individus pour s’approprier des ressources insuffisantes pour satisfaire tout le monde. Tout le contraire des écolos, mélenchonistes, noctambules debout et autres réactionnaires, au sens idéologique, qui prêchent l’inévitabilité d’une société de pénurie et se creusent désespérément le ciboulot pour imaginer des moyens pour qu’il n’en résulte pas les inévitables horreurs du capitalisme.
Notre tâche est de lutter pour réimplanter le marxisme révolutionnaire parmi les éléments les plus avancés de la classe ouvrière et de la jeunesse radicalisée. Nous sommes bien conscients qu’il faudra des luttes bien plus profondes de la classe ouvrière pour que les masses se saisissent de cette perspective ; surtout, il faudra pour cela un noyau de cadres bolchéviques pour la présenter et pour lutter pour elle contre les réformistes. Ce sont ces cadres que nous cherchons à gagner aujourd’hui parmi ceux qui veulent tirer les leçons de la défaite de la lutte contre la loi El Khomri. Nous luttons pour reforger la Quatrième Internationale fondée par Léon Trotsky.
http://www.icl-fi.org/francais/lebol/217/elkhomri.html
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